Egalité hommes-femmes: au-delà du genre
Mon ami Gérard Stein m’a signalé le discours d’Hillary Clinton ce week-end, à San Francisco, à l’occasion du forum économique Asie-Pacifique.
Un thème classique : la recherche de davantage d’égalité entre les hommes et femmes. Mais un argument neuf et particulièrement convaincant : il ne faut pas seulement tendre vers cette égalité par souci de justice, mais parce que nous n’avons pas le choix, car nous ne pouvons pas nous permettre de renoncer à l’énergie, aux compétences, au potentiel des femmes.
Ainsi, selon un rapport de Goldman Sachs, lever les obstacles au travail des femmes accroîtrait le PIB de l’Eurozone de 13%, des Etats-Unis de 9% ! Dans le même temps, sur les 500 plus grandes entreprises mondiales, 11 seulement sont dirigées par des femmes… Ce n’est donc pas (seulement) parce que cette plus grande justice entre les genres est une bonne chose « en soi » qu’il est urgent de la promouvoir nous dit H. Clinton, « c’est parce qu’elle est nécessaire pour le bien-être de nos enfants et de nos nations ». H. Clinton appelle ainsi de ses vœux l’avènement d’une « ère de la participation » – participation de tous au progrès économique et social (participation age). Une analyse qui me rappelle forcément la nôtre chez ManpowerGroup…
Vingt-quatre heures après cette intervention, la Banque Mondiale soulignait dans son rapport sur le développement que malheureusement, le taux d’activité des femmes dans le monde était tombé de 52 % en 1980 à 50 % en 2009, tandis que celui des hommes passait de 78 % à 82 %. Et l’institution d’en conclure qu’il serait un bon calcul de favoriser les femmes car « empêcher les femmes et les filles d’acquérir les compétences et de générer les revenus nécessaires pour réussir dans une économie mondialisée est non seulement injustifiable mais aussi préjudiciable sur le plan économique« . Bref, il s’agit de « permettre à la moitié de la population de la planète de réaliser pleinement son potentiel« …pour le bienfait d’un monde aujourd’hui confronté à une de ses plus graves crises économiques et sociales depuis plus d’un siècle. Tous les talents doivent être mobilisés pour la résoudre.
Hillary Clinton, qui cite discrètement et avec malice son « mari » dans son discours, en donne une démonstration par l’exemple : que l’on aime ou non le personnage, c’est un talent dont il aurait été dommage de se priver…




