Machine à trier : le débat
Jeudi soir dernier, débat sur la « Machine à trier la jeunesse » à l’ESCP-Europe, organisé par la Fondation ManpowerGroup en partenariat avec Libération.
Premier constat : le sujet attire les foules ! Salle de 400 places pleine à craquer pour écouter les propositions de Xavier Bertrand et de Vincent Peillon. Et un tweet live qui a fonctionné à plein toute la soirée, au point de saturer le réseau Wifi !
Deuxième constat, réconfortant lui aussi : le diagnostic, présenté par Stéphane Carcillo, un des auteurs, fait consensus. Il y a bien deux jeunesses en France. Avoir des universités d’excellence capables de rivaliser avec les meilleures au niveau global est très important, mais il est aussi urgent de se préoccuper des 150 000 élèves qui sortent chaque année sans qualification et de tous ceux qui peinent tant à s’intégrer dans le monde du travail !
Xavier Bertrand l’avoue : « Personne ne peut faire le malin, ni à droite ni à gauche, sur la situation de la jeunesse en France ». Et Vincent Peillon a même dénoncé « l’hypocrisie républicaine de l’école » . Devant ce réquisitoire imparable, aucun ne s’est donc hasardé au jeu mortifère de ‘c’est la faute de…’ et devant l’étendue du problème tout le monde est d’accord : il faut agir, changer… tant mieux !
Mais justement, côté propositions, on ressent la difficulté à s’attaquer à l’ensemble du problème et ses ramifications. Qu’on ne fasse pas par exemple systématiquement le lien entre école et emploi des jeunes n’arrête pas de me surprendre!
Xavier Bertrand a rappelé le rôle fondamental de l’apprentissage, suggéré que la dernière année de bac pro se fasse obligatoirement dans ce cadre ; Vincent Peillon a appelé à concentrer les moyens sur la petite enfance, et le socle commun de compétences, qui font souvent défaut aux jeunes qui rentrent dans nos entreprises.
Mais quid de la réconciliation entre l’institution scolaire et l’entreprise ? Quid d’un vrai système d’orientation ? Quid du décloisonnement des filières d’éducation et des ponts avec celles de la formation professionnelle?
Et puis tout simplement quid du lien avec la reprise de la croissance si on arrivait à reconnecter rapidement une partie de ces jeunes à des filières d’avenir?
Alors on me dit que traiter de l’ensemble de ces sujets en deux heures était mission impossible, que le contexte politique tendu incitait peut être nos deux politiques à la réserve, et que donc s’accorder sur un diagnostic complexe, ce n’est pas si mal…
J’en déduis qu’il faut persévérer, continuer le débat en essayant de le focaliser sur les solutions..
Donc appel à toutes vos bonnes volontés, vos idées et propositions nous intéressent !



