Femmes dans l’entreprise, encore un effort (1)…

Les femmes occupent-elles toujours, dans l’entreprise, les places qui devraient leur revenir ?
Femme et chef d’entreprise (dans l’ordre que l’on voudra, je n’établis pas de hiérarchie entre ces deux statuts…), j’ai été conduite à me poser cette question à plusieurs reprises au cours de mon parcours professionnel. Ma réponse n’a hélas pas vraiment varié : le “plafond de verre” qui entrave la progression professionnelle des femmes demeure une réalité dans le monde du travail

Les choses sont-elles pour autant demeurées intangibles depuis vingt ans ? A l’évidence, non. En particulier, l’égalité professionnelle s’est imposée comme un objectif partagé par tous. Plus important encore, l’égalité s’est imposée pour des raisons économiques autant que politiques : la lutte politique pour la promotion des femmes s’est trouvée relayée, dans le monde de l’entreprise, par une série d’analyses mettant en évidence la “surperformance” des entreprises en pointe dans la féminisation de leur top management. De ce point de vue, il faut saluer le travail d’influence accompli dans la durée par certaines ONG anglo-saxonnes très actives, comme Catalyst ; en France, le succès du Women’s Forum qui se tient chaque année à Deauville a également contribué à faire évoluer les mentalités dans un sens positif.

Mais la lente convergence qui s’est opérée sur le diagnostic est à l’évidence demeurée insuffisante pour agir sur les causes. Une étude récente a ainsi établi que, pour les cent premières capitalisations de la place financière de Londres, le taux de féminisation des comités de direction était passé, entre 2000 et 2007, de 2% à… 3,6%. A ce rythme-là, on peut imaginer, sans optimisme excessif, que l’entreprise du XXIIè siècle devrait voir son top management s’approcher de la parité… La France n’a guère de leçon à donner sur ce terrain à son voisin britannique : quelques femmes ont fait leur apparition ces dernières années au sein des Codir des entreprises du CAC 40, mais elles restent une très petite minorité, et un certain nombre de ces Codir restent encore la chasse gardée des hommes.

Le monde politique a semblé évoluer ces dernières années plus vite que le monde des entreprises : même si cette évolution est encore dans une large mesure en trompe-l’œil (en matière de représentation politique des femmes au Parlement, la France émarge encore au 87è rang mondial, certes derrière le Niger mais, réjouissons-nous, devant la Syrie…), la composition du gouvernement obéit désormais, et de façon sans doute irréversible, à un certain équilibre dans la représentation entre les hommes et les femmes. Des femmes occupent (ou ont récemment occupé) de très éminentes fonctions régaliennes, à la tête du ministère des Finances, de la Justice ou encore de la Défense… et le gouvernement qui commettrait l’erreur de revenir en arrière, pour les ramener à des ministères jugés mieux adaptées à leur “sensibilité” (expression à laquelle il faudrait, pour faire bonne mesure, rajouter trois paires de guillemets et cinq (sic)…), comme la Famille ou la Santé, se verrait immédiatement sanctionné par l’opinion publique.

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