Du CDI et du sens de la mission

Quelques tweets, ces dernières heures, relaient l’interview que j’ai donnée à David Abiker dans le cadre de son émission « On revient vers vous », diffusée sur cadremploi.fr.

Celle-ci est titrée « Adieu CDI, bonjour missions », alors forcément, la ficelle apparait un peu grosse pour certains… et c’est normal : « Nous décryptons aisément la mise en avant des produits Manpower, intérim & portage salarial », ai-je pu lire parmi les commentaires.

« Adieu CDI, bonjour missions » : ce titre un peu « choc » ne résume pas bien mon propos, qui se voulait plus nuancé. Je ne pense pas, loin s’en faut, que le CDI soit condamné. C’est un pilier de notre droit du travail et je sais combien son obtention constitue souvent une étape importante dans une vie professionnelle. Néanmoins, ce que j’observe, c’est qu’il y a de plus en plus de salariés, souvent jeunes, qui gèrent leur carrière comme une suite de « missions ». Et que cette approche est nouvelle, car portée par la génération Y.

Je pense donc que les entreprises devront prendre en compte cette forme nouvelle de rapport au travail, moins formel, moins durable mais sans doute aussi plus équilibré, pour attirer et conserver, autant que faire se peut, les talents de demain…

Ce que change la crise (2)

Au-delà des remarques de Patrick Artus que j’évoquais dans mon précédent post, ce que la situation actuelle va provoquer, c’est une mobilité accrue des salariés, non plus intrasectorielle mais intersectorielle, avec la disparition programmée d’emplois industriels au  profit des services ou des nouvelles industries « vertes » qui feront la croissance de demain. Cette mobilité entre métiers était déjà grande, puisque selon la Dares, 30% des personnes en emploi en 1998 avaient changé de métier en 2003; elle le sera davantage demain, puisqu’elle concernera des secteurs où les changements de métiers hier étaient rares (banque, assurance notamment), mais qui aujourd’hui se trouvent en plus grande difficulté.

Toutefois, la conjoncture actuelle implique une prise de risque nécessairement limitée des entreprises, y compris celles qui feront la croissance de demain, dans leur investissement en capital humain. Cette aversion au risque, liée à l’incertitude créée par un contexte économique dégradé, est très préjudiciable à l’emploi, et notamment à la reconversion des salariés provenant des secteurs en déclin. Elle pourrait être limitée par la forte implication d’un intermédiaire qui garantirait l’adéquation des salariés aux nouveaux emplois, et leur éventuelle requalification. C’est pourquoi, chez Manpower, nous réfléchissons à une « certification Manpower » qui garantirait la qualité professionnelle des personnes que nous plaçons.