Trente ans d’informatique et enfin diplôme en poche !
Expérience paradoxale le week-end dernier : j’ai été sollicitée par l’Ensimag, mon école qui fête ses 50 ans cette année, pour parrainer la promotion 2009 et dire quelques mots lors de la cérémonie de remise des diplômes. Autant dire que c’est avec grand plaisir que je me suis donc rendue à Grenoble.
Une surprise touchante et amusante m’y attendait : la remise officielle de mon diplôme obtenu en 1980…et que je n’avais jamais reçu dans sa version définitive !
Premier paradoxe, lié au rapport au temps : lors de cette cérémonie, Brigitte Plateau, la nouvelle Directrice de l’école, à parlé d’aboutissement à propos de ce diplôme. Aboutissement ? Pour ma part, je suis convaincue que tout commence véritablement maintenant pour ces jeunes étudiants. Et puis, lors de cette cérémonie, nous avons parcouru les trente dernières années de l’histoire des technologies de l’information et il m’a semblé que, face à ce jeune auditoire, je franchissais une sorte d’ « étape de séniorité », alourdie par un facteur de notoriété bien encombrant en cette occasion… Car il y a 30 ans, les cartes perforées n’étaient pas totalement ringardisées ! Et mon mémoire sur la cartographie défrichait des domaines encore inexplorés !
Deuxième paradoxe, lié au rapport au monde : j’ai été surprise par les réactions suscitée par mon exposé. Je leur ai parlé entreprise 2.0, des nouveaux changements que l’adoption des plateformes sociales ou de services nées du Web 2.0 allaient engendrer dans les entreprises qu’ils rejoignaient, je leur ai parlé aussi de la place particulière qu’ils allaient avoir dans cette nouvelle vague de transformations puisqu’ils allaient la vivre du côté des informaticiens… Bref de toutes les formidables et nouvelles opportunités qui allaient jalonner leurs carrières professionnelles. Et là, surprise : première question et renchérissements d’autres étudiants: « que nous conseillez vous pour survivre dans des entreprises où le stress est si présent comme chez France Telecom ? »
Ah. Alors, soit j’ai définitivement perdu la main pour faire des topos à « énergie positive », soit ce qui semble enthousiasmant à une baby boomer comme moi ne l’est absolument pas aux yeux d’un membre de la génération Y ! Ou enfin (ce qui est plus probable), ce décalage prouve, s’il en était besoin, qu’il reste de sérieux progrès à faire pour améliorer l’image de l’entreprise aux yeux des jeunes Français… parce que je suis à peu près sûre que je n’aurais pas eu cette réaction en Chine ou même aux Etats-Unis !
Troisième paradoxe, lié à l’emploi des jeunes. Et celui là, on le connait bien : moins de 5% des étudiants de cette promo sortie au printemps dernier étaient encore en recherche d’emploi, et en pleine crise, parce que l’Ensimag est unique en son genre sur le segment des technologies de l’information, la durée moyenne de recherche d’emploi a été pour eux de 0,9 mois ! Confirmation que le sujet « des jeunes » n’est définitivement pas un problème unique et homogène. D’ailleurs, franchement, ceux-là ne m’ont vraiment pas donné l’impression d’avoir beaucoup de problème et ça, c’était drôlement rajeunissant…



