Technologie japonaise et savoir-être mondial

Installée depuis 1966, Manpower est historiquement la première entreprise de travail temporaire implantée au Japon. C’est aujourd’hui l’organisme qui (re)met le plus de monde à l’emploi en CDI, devant les « Hello Work », agences du service public de l’emploi, essentiellement par le biais de conversions entre travail temporaire et recrutement permanent.

La difficulté à se construire un parcours professionnel cohérent et efficace, sujet dont nous avons parlé dans notre précédent post, constitue une explication : ici, comme ailleurs, la valeur ajoutée de Manpower réside dans cette capacité à accompagner et à conseiller le candidat. Mais au Japon, l’offre de formation professionnelle relève de la responsabilité de l’employeur et les dépenses publiques de formation en faveur des chômeurs ne représentaient que 0,04% du PIB en 2005 contre 0,17% en moyenne dans l’OCDE… Seule alternative pour le candidat : payer de sa poche ! C’est pourquoi la réforme de la formation professionnelle est manifestement un enjeu économique et politique majeur.

Autre singularité : ici, sans doute davantage que partout dans le monde, le leadership doit se traduire par une culture d’innovation technologique, visible et grand public. Y compris dans les services. Le Japon reste le laboratoire mondial de la téléphonie mobile : NTT, premier groupe de télécommunication japonais vient d’annoncer que d’ici 2013, 75% de son chiffre d’affaires proviendra des activités de données et des solutions et services afférents. Parmi ceux-ci, le paiement sur mobile. Expérimenté en 2004, il est maintenant assez courant dans l’archipel : 45 millions de terminaux sont équipés de cette technologie. Manpower Japan a donc mis en place une expérimentation assez bluffante qui consiste à transmettre aux collaborateurs intérimaires leurs « relevés d’heures » (c’est-à-dire la somme des heures effectivement travaillées chez X clients) et à créditer au jour le jour leur compte bancaire directement sur leur mobile, devenu ainsi portefeuille virtuel.

Une anecdote qui illustre bien nos valeurs

Sinon, j’ai visité hier un « registration center », c’est-à-dire un endroit où les candidats viennent évaluer leurs compétences grâce à des tests et des entretiens. La responsable du lieu me raconte qu’elle a récemment reçu une candidate qui s’est présenté chez Manpower au motif qu’elle conservait un excellent souvenir de la façon dont elle avait été reçue dans une de nos agences… du midi de la France, alors qu’elle s’était égarée !

Bien sur, l’histoire m’amuse et me touche. Mais je me dis aussi qu’elle est assez symbolique de la pertinence du programme d’accueil des candidats que nous déployons dans notre réseau partout dans le monde depuis un an et qui consiste notamment à instaurer une haute qualité de service « normalisée » et conforme à ce que nous voulons être sur le marché. Faire la différence:  cette capacité à accueillir, à écouter, à mener un entretien de façon professionnelle (mais individualisée) et à répondre aux attentes constitue un ensemble d’éléments déterminants dans l’indispensable fidélisation de nos candidats – que nous ayons immédiatement des missions à leur proposer ou pas. C’est aussi un outil essentiel au bon décriptage de leurs talents, de leur expérience et de leurs aspirations, autant d’atouts qui nous permettent de faire une connexion plus rapide - et plus juste – entre eux et l’entreprise.

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Japon, travail et emploi

Première journée à Tokyo et successions de rencontres. Immédiatement, je me rends pleinement compte de la puissance d’une marque comme la nôtre et de la réalité d’une vraie « culture Manpower ». A quelques détails circonstanciels près, mes réunions pourraient se tenir à Paris… Je me sens donc très vite « comme chez moi »!

En revanche (et ce n’est pas une surprise !)  la situation de l’emploi et le monde du travail sont vraiment très éloignés des nôtres !

En effet, avec 3,35 millions de chômeurs, le taux de chômage atteint 4,8% dans l’archipel. Il est en hausse de 25% en un an, son niveau le plus élevé depuis août 2004. On pourrait considérer ces chiffres avec envie : le chômage en France n’est jamais passé sous la barre des 7% depuis 1981 !

Mais la réalité est beaucoup plus complexe et rend l’exercice comparatif impossible. En cause principalement la méthode de comptabilisation des demandeurs d’emplois: quelques heures travaillées dans le mois suffisent pour ne plus être considéré comme chômeur, par exemple. Ou encore, l’exclusion des statistiques au bout d’une période beaucoup plus courte que dans les autres grands pays de l’OCDE. Bref, on admet qu’il faudrait, à mesure égale, multiplier ce taux par environ deux, ce qui le situerait à un niveau assez similaire à l’Europe.  Autre raison : la protection sociale au Japon est assurée par l’entreprise, et non par l’Etat… Résultat : l’assurance-chômage est inférieure à un an et l’indemnité quotidienne maximum est de l’ordre de 50 euros. La situation des sans-emplois est donc rapidement très difficile, ce qui rend la crise très présente et très visible.

Même si globalement, la législation du travail nippone permet davantage de flexibilité pour les entreprises qu’en France, le marché du travail est néanmoins très réglementé. Le travail temporaire, par exemple, est interdit dans les activités portuaires et dans la construction, deux secteurs fondamentaux de l’économie japonaise ; il est aussi limité à une année, sauf pour 26 qualifications spécifiques et bien précises… Par ailleurs, le travailleur intérimaire est très mal couvert socialement puisque l’obligation de l’inscrire à une caisse d’assurance sociale ou d’assurance chômage est soumise à une franchise de 90 jours… Contrairement à la France, où son statut repose sur un principe de continuité de protection sociale (au moins équivalente à celle d’un salarié en CDI) qui compense la discontinuité des missions. D’où une forte proportion de travailleurs pauvres au Japon.

Du côté des similitudes entre les deux modèles, il y a certainement le mauvais sort fait à la jeunesse : au Japon, plus d’un jeune travailleur sur trois âgé de 15 à 24 ans, à l’exclusion des étudiants, occupe un emploi non régulier ou à temps partiel, et surtout généralement très peu qualifiant. Ce qui a pour incidence, outre les aspects économiques et sociaux (le sous-salariat induit l’incapacité d’émancipation matérielle, ce qui conduit à un schéma familial de type « communautaire ») de bloquer l’accès à l’emploi permanent. Ce sont les fameux « freeter » (ou les « neet », qui eux, trop découragés, ne recherchent pas d’emploi) qui constituent une population bien particulière, avec ses modes de (basse) consommation, ses repères et sa propre culture, souvent urbaine et parfois violente car désespérée.

Depuis peu, le gouvernement japonais a d’ailleurs initié une série de réformes d’ampleur, destinées à améliorer le sort de sa jeunesse : formation professionnelle, centre multiservices d’emploi dédiés, système de cartes d’emploi, etc. Cela n’est pas sans me rappeler quelque chose…à 10 000 km de là.

Je tenterai demain, si mon agenda m’en laisse un peu le temps, de vous raconter la suite de mes étonnements et de mes enthousiasmes, ainsi que les initiatives de Manpower Japan pour répondre à ces défis.

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Relative croissance et croissance relative

france-asie

 

Je pars aujourd’hui pour l’Asie; je vais travailler une dizaine de jours avec les équipes de Manpower Professional au Japon, en Inde et en Chine.

Chez Manpower, nous disposons de notre propre Baromètre international des perspectives d’emploi. Lancé aux Etats-Unis et au Canada en 1962, ce Baromètre trimestriel constitue aujourd’hui une des études sur l’emploi les plus reconnues au monde. Réalisée aujourd’hui dans 33 pays, c’est véritablement une étude unique sur les perspectives d’emploi, à la fois par la taille du panel d’entreprises interrogées, par sa longévité, sa dimension et sa fiabilité: la marge d’erreur des données nationales, internationales et mondiales est de l’ordre de +/-3.9% (et de +/-3% en France).

Le dernier Baromètre (T2 2009) indique que dans la zone Asie-Pacifique, seuls les pays que sont l’Inde et la Chine prévoient de renforcer leurs effectifs entre avril et juin 2009. L’Inde serait même le seul pays dont le solde serait en légère progression par rapport au premier trimestre. Au Japon, pour la première fois depuis le lancement du Baromètre en 2003, le solde net est négatif. Bref, la morosité continue de régner, avec de très forts écarts de croissance selon les pays.

Ainsi, en Chine, la prévision de croissance de 6.5% pour 2009 pourrait sembler insolente (comparée au -6.2% du Japon, par exemple…). Ce serait oublier que ce chiffre est deux fois inférieur à celui de 2007…et qu’il se situe bien en deça des 8% nécessaires pour assurer suffisamment de créations d’emplois face au dynamisme démographique… Pire : selon l’Institut français des relations internationales, cette prévision de croissance constitue une « chute énorme par rapport à la performance des vingt, voire des trente années précédentes. »

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