Hier soir, j’ai eu le très discutable (!) privilège d’être invitée sur le plateau des « Infiltrés », l’émission de France 2, qui portait sur le thème de la discrimination dans plusieurs secteurs (logement, travail, santé, etc). Il fallait que je participe à cette émission, car même sans en connaître le détail (puisque j’ai pris connaissance du reportage une fois sur le plateau, dans les conditions du direct), je savais que l’honneur de mes collaborateurs était mis en cause, par la faute de certains.
La séquence en question, consacrée aux discriminations au travail, est l’aboutissement d’une longue histoire qui commence par un « testing » dans des agences d’emploi des trois majors de la profession. On y voit, en caméra cachée, la faute d’une collaboratrice acceptant la commande d’un recrutement discriminant.
Nous ne sommes pas les seuls dans le film à être montrés du doigt. Loin d’être une consolation, cela laisse à penser que notre quotidien se nourrit de discrimination et que c’est là une pratique courante -chez Manpower comme ailleurs.
C’est faux : la très grande majorité des collaborateurs de Manpower respecte la loi et se fait un point d’honneur que de la faire respecter. Mais il est vrai que dans une organisation aussi vaste et décentralisée que la nôtre, de graves erreurs, des fautes inadmissibles peuvent être commises. C’est un travail de tous les jours, sans relâche, que de prévenir et de guérir.
Un travail de prévention ? Oui, car il serait évidemment naïf de penser que la volonté de diversité soit un acquis, chez nos clients comme chez nos collaborateurs, et que dans un métier de services on puisse être « zéro défaut », que ce soit en matière de discrimination ou (mais c’est moins grave) en matière de qualité de service. C’est un travail de tous les instants, gouverné par une détermination absolue, que de faire en sorte que 4000 collaborateurs, dans la multiplicité de leurs actions quotidiennes, agissent dans le respect de nos valeurs et de nos règles. Notre volonté en la matière est de ne faire aucun compromis ; nos contrôles internes multiples, visites de candidats mystères, simulations de commandes, et audits divers montrent une réalité bien différente de ce que ce film met en évidence.
Néanmoins, à l’écran, la faute est là, visible et cruelle. Je la ressens avec honte et tristesse, comme je le crois, tous mes collaborateurs.
Et puis, à ces sentiments, s’est ajoutée l’impression d’avoir été interrogée, dans le reportage, de façon très particulière (et cela se voit à l’écran) : question répétée dix fois, caméra ouverte avant et après…Manifestement, un agacement ou un geste d’énervement de ma part devant cette inhabituelle insistance auraient donné « du piquant » à l’interview…
On va dire, et c’est un euphémisme, que cela a été une expérience personnelle pénible.
Alors la seule bonne chose que l’on va retenir de tout cela, c’est que cette émission va nous permettre, à nouveau, de mettre en garde, d’expliquer, de former et d’impliquer tous nos collaborateurs…afin de continuer à creuser notre sillon sur le chemin de l’Emploi Responsable…et ça, « c’est du lourd » comme le chante Abd al Malik, également invité sur le plateau…
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