Un partenariat novateur et une étrange émotion
Depuis la mi-septembre, Pole Emploi a commencé à confier aux acteurs privés de l’emploi, dont Manpower, la mission d’accompagner et de remettre à l’emploi plus de 320 000 demandeurs d’emploi.
C’est un événement à plus d’un titre et je souhaite, au travers de quelques billets à venir, le mettre en perspective.
Auparavant, je veux dire mon étonnement face à l’émotion que ce partenariat suscite chez certains. En effet, j’entends ici et là (et plus particulièrement sur le web) que cette collaboration dérange : elle cacherait je-ne-sais-quelle « privatisation » du service public et révèlerait un opportunisme financier (et donc malsain) des agences d’emploi, alors même que leur efficacité n’est pas prouvée…
Je n’ai pas l’impression que ce type de « partenariats public privé » dans le secteur hospitalier, l’équipement urbain ou les transports suscite autant de réactions indignées. Pourquoi ces contrats, dont l’efficacité est reconnue et encouragée par de nombreuses organisations internationales comme la Banque mondiale, l’OCDE ou la Banque européenne d’investissement, n’auraient pas droit de cité dans le domaine de l’emploi, dont chacun, chaque jour davantage, reconnaît la situation d’urgence et la nécessité d’union nationale contre le chômage ?
Je pourrais mettre bon nombre de ces remarques sur le compte de l’idéologie mais préfère alléguer un manque d’informations.
Si nous allons accompagner dans les deux ans qui viennent plusieurs dizaines de milliers de demandeurs d’emploi confiés par Pôle Emploi, c’est parce que nos collaborateurs démontrent, depuis des années sur le terrain, leur connaissance des bassins d’emploi et plus précisément des besoins des entreprises et leur savoir-faire en termes d’évaluation et d’accompagnement des projets professionnels de nos candidats. Bref, prouvent leurs compétences et leur efficacité.
Deux chiffres me paraissent utiles à rappeler pour étayer mon propos : 20 000, c’est le nombre de recrutement en CDI réalisés par Manpower pour ses clients en 2008, alors que la crise débutait. 1/3, c’est le nombre de missions d’intérim qui se transforment en emploi durable.
Indiscutablement, c’est un sujet que nous maîtrisons. Mais c’est aussi un réel challenge car la crise s’impose violemment à nous tous – et la visibilité des différents acteurs économiques est encore très limitée.




