Emotion et entreprise…

Une rencontre récente avec des leaders d’entreprises m’a donné l’occasion de dialoguer autour de la gestion des émotions dans l’entreprise et j’ai réalisé qu’il y avait là un tabou intéressant à chatouiller…

Le point de départ était provoquant sans doute puisque j’affirmais qu’il devait être acceptable dans un comité de direction de montrer une émotion, une faiblesse, voire une larme de frustration ou de déception. Je crois qu’il y a dans cette capacité d’accepter les émotions des autres une vraie preuve d’inclusion des différences et c’est bien là le stade avancée de la gestion de la diversité dans l’entreprise.

Accepter l’émotion d’un ‘pair’, quand elle semble montrer une vulnérabilité, est d’expérience beaucoup plus difficile qu’accepter un raisonnement différent parce qu’ancrée dans une autre culture ou une autre expérience que la sienne bien que ceci soit loin d’être un acquis et demande un vrai travail d’équipe.

Dans une assemblée de manageurs, on peut être gêné par une colère mais on l’accepte bien plus aisément qu’ une voix qui chevrote ou un œil qui se voile d’une larme.. celle-ci embarrasse ! Culte naïf du patron invulnérable ou code aseptisé du leadership rationnel, on sait bien pourtant que la performance dépend très largement de la capacité à générer des émotions positives motivantes ou à surmonter des épreuves ou les échecs inévitables… l’émotion est le moteur des leaders, acceptons donc qu’elle se montre sous toutes ses facettes dans nos comités de direction… au moins un peu !

Mais par honnêteté de mon propos, je vous dois un mot sur le contexte de cette réflexion.. nous parlions des femmes dans l’entreprise et de ce qui pouvait changer dans les dynamiques d’équipes de direction quand elles y étaient plus nombreuses. Sans évidemment vouloir ériger ce point de vue en vérité (j’ai connu des hommes émotionnels et des femmes ne divulguant rien), je citais là mon patron, Jeff Joerres, le CEO de ManpowerGroup , qui dit volontiers que depuis que l’Executive Management Team de notre groupe est à parité il y a beaucoup plus d’émotion dans nos meetings. Il dit aussi que nos meetings ont gagné en densité et en professionnalisme.. aucune femme patron n’ayant le temps de perdre du temps..

Un été différent après la crise..

La gestion des pointes de charge chez nos clients.. Nous abordons l’été qui est traditionnellement une période de forte demande dans l’interim dans tous les pays et partout le même commentaire de la part de mes équipes: nos clients ont modifié leur demande parce qu’ils gèrent leur équipes différemment après la crise ou que leurs marches sont aujourd’hui différents.
Ces derniers mois ils ont appris à gérer mieux les congés et le temps de travail de leurs propres équipes et à ne remplacer ou compléter qu’à strict bon escient, ils sont aussi face à une volatilité plus forte de leur business et gèrent le risque au plus près, d’où une demande de réactivité encore plus forte et une demande de compétences encore plus pointues pour nos intérimaires qui doivent être instantanément productifs et intégrés.
En France nos clients industriels nous demandent d’être prêts et de préparer des équipes pointues pour la rentrée.
En Espagne alors que la saison touristique s’annonce plutôt favorable nos clients retiennent leurs commandes, et les libèreront au dernier moment.
En Italie, nos clients industriels se sont eux tournés vers l’Asie et leur saisonnalité en a été significativement affectée, ce qui modifie nos traditionnels marchés d’été.
Tout ceci a d’évidence un impact sur notre façon de délivrer de la valeur à nos clients et nous ramène au « skill missmatch » dont je parlais dans mon dernier billet.
On peut aussi se dire que l’analyse macro du marché de l’emploi, toujours fondée sur des comparaisons historiques, devient plus incertaine quand vient l’été..