Ce que change la crise (2)
Au-delà des remarques de Patrick Artus que j’évoquais dans mon précédent post, ce que la situation actuelle va provoquer, c’est une mobilité accrue des salariés, non plus intrasectorielle mais intersectorielle, avec la disparition programmée d’emplois industriels au profit des services ou des nouvelles industries « vertes » qui feront la croissance de demain. Cette mobilité entre métiers était déjà grande, puisque selon la Dares, 30% des personnes en emploi en 1998 avaient changé de métier en 2003; elle le sera davantage demain, puisqu’elle concernera des secteurs où les changements de métiers hier étaient rares (banque, assurance notamment), mais qui aujourd’hui se trouvent en plus grande difficulté.
Toutefois, la conjoncture actuelle implique une prise de risque nécessairement limitée des entreprises, y compris celles qui feront la croissance de demain, dans leur investissement en capital humain. Cette aversion au risque, liée à l’incertitude créée par un contexte économique dégradé, est très préjudiciable à l’emploi, et notamment à la reconversion des salariés provenant des secteurs en déclin. Elle pourrait être limitée par la forte implication d’un intermédiaire qui garantirait l’adéquation des salariés aux nouveaux emplois, et leur éventuelle requalification. C’est pourquoi, chez Manpower, nous réfléchissons à une « certification Manpower » qui garantirait la qualité professionnelle des personnes que nous plaçons.




