Du bicorne au chalumeau

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Eloi Mosquet est un garçon peu banal. Le Monde 2 du 13 février, mais aussi Le Télégramme de Brest du 30 janvier dernier, nous racontent son histoire: celle d’un jeune homme qui, à la sortie de Polytechnique, choisit de rejoindre le CFA des métiers du BTP de Quimper, pour y entamer un CAP de plomberie. Je vous recommande la lecture de ces deux articles. D’abord parce que ce jeune homme témoigne d’une franche et rafraichissante liberté d’esprit. Il était « bon en math« , a intégré l’X, s’y est visiblement ennuyé – et surtout s’est trouvé en panne de projet…

Un projet, il en a finalement trouvé un, dans un univers professionnel à l’opposé du sien – où faisant fi de toutes les pressions sociales et familiales, il semble aujourd’hui s’épanouir. La fabuleuse histoire d’Eloi Mosquet, qui préféra la chalumeau au bicorne, est presque trop belle pour être vraie.

Au delà de son unicité, j’en retiendrai pour ma part une jolie morale: le désir de trouver un sens à son métier est profondément ancré en chacun. Aux employeurs de trouver les mots et surtout les méthodes de management pour répondre à ce désir.

Le Monde 2 publie, en même temps que celui d’Eloi Mosquet, le portrait de trois autres jeunes qui ont choisi de s’engager dans des études de plomberie après avoir entamé – et le plus souvent achevé – un cursus d’études supérieures. Le journaliste cite un responsable du secteur: « dans chaque CFA de France, il y a désormais au moins deux ou trois anciens du supérieur. On en avait aucun il y a encore quelques années« .

Cet état de fait appelle deux types de lecture. Une lecture pessimiste: le système public de l’orientation fonctionne mal, dans le second degrès comme dans l’enseignement supérieur. Et une lecture optimiste: les mentalités évoluent et la transparence du marché de l’emploi s’améliore; du coup, les jeunes hésitent de moins en moins à changer de voie – et cela même si ces changements doivent les placer dans des trajectoires professionnelles radicalement différentes.

Un peu d’optimisme ne saurait nuire dans les circonstances actuelles: je privilégierai donc la seconde lecture… mais serait intéressée à entendre la contradiction !

Réactions
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  1. Emmanuelle

    ce n’est pas moi qui apporterai une contradiction. Je préfère y voir la maturité et le courage d’oser une voie plus proche de soi, plutôt que de suivre une route bien tracée…

     
     
  2. Il faut dire que l’Ecole Polytechnique véhicule tant de clichés… C’est oublier que nombre de polytechniciens se sont distingués dans des filières qui n’ont rien à voir avec les filières dites classiques: De Dov Attias Bastien-Thierry, il y bien des X qui ont su utiliser leur intellect dans des secteurs atypiques…

     
     
  3. FREDERIC

    En ce qui concerne ce Monsieur MOSQUET, je dirai simplement qu’il veut exercer un métier technique en le prenant au tout départ et qu’en bon ingénieur il le développera. Les temps sont porteurs : nouveaux systèmes de chauffage, etc …
    En ce qui concerne la remarque de monsieur Kabla sur les polytechniciens atypiques il aurait été préférable de citer des gens comme Jean Couzy ou Jean Borottra plutot que ce monsieur Bastien-Thierry (regardez donc ce qu’il a fait – le modérateur aurait pu faire son boulot).

     
     
  4. Claude

    J’ai lu récemment une autre histoire de polytechnicien qui remet en cause tout son cursus et ses activités professionnelles. Il décrivait les mêmes processus, on est bon, donc on continue des études, collège, bon lycée, bonnes classes, prépa, concours… etc.
    De ces « demi-tours » ou ces réorientations tardives pourrait naître une interrogation sur notre système éducatif : quelle place fait-il à l’autonomie des individus et à leurs projets ? L’agilité intellectuelle, l’intelligence abstraite, ou tout autre nom que l’on voudra donner aux qualités qui permettent de réussir à l’école dispensent-elles de projet ?

     
     
  5. Zélie

     » faisant fi de toutes les pressions sociales et familiales ». Je crois qu’il n’a pas subit de pressions familiales, mais qu’il a plutôt été encouragé par ses proches.

     
     
  1. Choix professionnel ou quel sens donner à sa vie ? | Bien choisir son entreprise !

    […] de vue intéressant de Françoise Gri, présidente de Manpower France, sur cette histoire (sur son blog) “les mentalités évoluent et la transparence du marché de l’emploi […]

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