Un appel des grands patrons aux candidats : pariez sur l’entreprise

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Vendredi est parue cette tribune dans les Echos, co-signée par vingt-cinq dirigeants français; je m’y suis volontiers associée car je suis persuadée que le futur président quel qu’il soit, va devoir rapidement s’atteler à la question de la création d’emplois et des moyens pour nourrir la croissance et que c’est au niveau micro-économique, donc au niveau de l’entreprise, que se joue cette capacité à créer des emplois.

Perte du triple A, décrochage par rapport à l’Allemagne, montée du chômage. Cette actualité pourrait conforter l’antienne de l’irréversible déclin. Pourtant, la France possède de nombreux atouts : infrastructures, recherche, démographie, entreprises de taille mondiale… Notre pays sait innover et montrer la voie à suivre. C’est cette capacité de transformation que nous devons mobiliser face à l’urgence financière, économique et sociale. Nous lançons donc un appel à tous les candidats à l’élection présidentielle : l’entreprise doit être au coeur des priorités du quinquennat, notre avenir collectif en dépend. La France n’est pas un pays hors du monde réel, qui pourrait créer de la richesse sans échanges, de l’emploi sans entreprises, de la cohésion sociale sans croissance.

D’abord, il est urgent de recentrer l’Etat sur ses missions prioritaires. Face à un déficit public insoutenable, nous devons réduire les dépenses de l’Etat, de la protection sociale et des collectivités locales, largement épargnées jusqu’à présent.

Ensuite, il faut aider les entreprises à reconstruire la compétitivité de la France et redonner confiance aux entrepreneurs par des mesures de bon sens : alléger le coût du travail par le transfert d’une partie des cotisations sociales vers la fiscalité des ménages ; assurer la prévisibilité indispensable à la conduite des affaires par l’instauration d’un moratoire sur les principaux dispositifs fiscaux et sociaux ; permettre aux entreprises de reconstituer leurs marges. Dans ces conditions, nos entreprises pourront reconstruire leur avantage concurrentiel en misant sur l’innovation et la formation. Aucune décision venue du sommet ne redressera miraculeusement la compétitivité. C’est au niveau microéconomique que se jouent la croissance et les emplois de demain.

Enfin, notre pacte social doit se renouveler en profondeur. Face au rythme des innovations et à la concurrence mondialisée, la réactivité du marché du travail devient une condition de la compétitivité. Nous devons l’assumer en inventant, avec les partenaires sociaux, une flexisécurité qui assure à tous les salariés une employabilité et des parcours professionnels de qualité. Le dialogue social doit devenir un levier de compétitivité. Nous proposons donc de garantir l’autonomie de la négociation sociale dans la Constitution.

L’enjeu du prochain mandat présidentiel est clair : assumer collectivement l’adaptation de nos structures économiques et sociales pour nous projeter avec optimisme dans la mondialisation. Pour cela, nous devons préférer la prise de risque à l’immobilisme, l’innovation sociale à la préservation des acquis. En un mot, faire le pari de l’entreprise !

Les signataires de l’appel:
Xavier Huillard, président de l’Institut de l’entreprise, PDG de Vinci
Laurent Burelle, PDG de Plastic Omnium
Françoise Gri, présidente de ManpowerGroup France et Europe du Sud
Philippe Crouzet, président du directoire de Vallourec
François Pérol, président du directoire de BPCE
Alain Pons, président de la direction générale de Deloitte France
Michel Bon, président du conseil de surveillance de Devoteam
Philippe Carli, directeur général du Groupe Amaury
Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez
Jacques Gounon, PDG d’Eurotunnel
Jean-Pierre Hugues, président de GSE
Georges Troy, avocat au barreau de Paris, Troy et associés
Pascal Colombani, président du conseil d’administration de Valeo
Christophe de Maistre, président de Siemens France
Marie-Thérèse Bertini, PDG de MTB Conseil
Philippe Houzé, président du directoire du Groupe Galeries Lafayette
Vsevolod Dimitrieff, président du conseil de surveillance de CNIM
Jean-Luc Placet, PDG de IDRH
Denis Kessler, PDG de Scor
Michel Jacob, président de Galileo Finance
Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi
Pierre Bellon, membre du conseil d’orientation de l’Institut de l’entreprise
Pierre-Antoine Gallly, membre du conseil d’orientation de l’Institut de l’entreprise
Augustin de Romanet, ancien directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations
Bertrand Collomb, président d’honneur de l’institut de l’entreprise

Réactions
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  1. …« Permettre aux entreprises de reconstituer leurs marges »…
    Autant je suis d’accord avec nombre de vos idées et les relaye souvent sur les réseaux sociaux, autant je ne peux que m’inscrire en faux avec certaines orientations de ce billet.

    OK sur le développement d’un avantage concurrentiel par l’innovation et la formation !
    OUI pour un renouvellement dans la concertation de notre pacte social et pour assurer à tous les salariés une employabilité et des parcours professionnels de qualité.

    Mais KO sur cet impératif supérieur de marge édicté en principe préalable. Quel a été d’ailleurs le bilan « marge » de 2011 des entreprises du CAC40 en grande partie signataires de cette tribune ?! Y a-t-il besoin de plus de marge…

    … « L’entreprise doit être au coeur des priorités du quinquennat »…
    N’est-ce pas à l’humain ou à l’emploi d’être au cœur des priorités des 5 prochaines années ?
    La France n’est effectivement pas un pays virtuel qui pourrait créer de la valeur sans Richesses Humaines. « Il n’est de richesses… » etc. vous connaissez la musique de Jean Bodin.

    L’entreprise doit garantir à toutes les parties prenantes le choix d’une création de valeur durable. Après un temps de communication très financière, arrive à mon avis un nouveau cycle où l’entreprise est aussi attendue sur sa dimension sociétale.

     
     
  2. Gerard C.

    @thomas_chardin Tout à fait d’accord sur la nécessité de mettre l’humain au centre !
    Mais je me demande s’il y n’a peut-être pas un malentendu sur la Tribune.
    Dans l’ensemble, les grandes entreprises réussissent à dégager des marges importantes… mais ce n’est pas le cas des plus petites structures, celles qui justement créent l’emploi, et au nom duquel les signataires parlent peut-être ? (on sait bien que les grandes entreprises ont absolument besoin d’un tissu dynamique de PME pour prospérer d’ailleurs…)
    Or, différentes études montrent que le taux de marge des entreprises françaises est au plus bas depuis 25 ans. C’est pire encore si l’on zoome sur les sociétés non financières, dont l’excédent brut d’exploitation s’est effondré de 9% en 2009 et n’a progressé que de 1% en 2010 selon une étude du Crédit Agricole. Ces entreprises diminuent dangereusement leur épargne pour faire face : les profits après impôts et versement des dividendes a encore baissé de 4,3 % en 2010, après une baisse de 8,7 % en 2009…

    Bref, pour ces TPE/PME qui représentent l’avenir de nos emplois, il ne faut ni oublier l’humain, ni mettre de côté les contraintes économiques !

     
     
  3. Parfaitement d’accord Gérard !
    Les PME représentent 99,8% des entreprises en France. Et elles ont bien besoin de reconstituer leurs marges.
    Les entreprises du CAC 40, elles, ne sont que… 40 ! :-)
    Je ne voulais pas aborder ce thème de la représentativité de ces PME, sujet quelque peu polémique ces temps-ci.
    La question que votre remarque amène est : les dirigeants de « petites » structures souhaitent-ils être représentés par les « grands patrons » ?

     
     
  4. Bonjour Françoise,
    Il n’y a pas de développement social, au niveau d’un pays, sans développement économique et il n’y a pas de développement économique sans développement de l’exportation.
    Des Femmes Chefs d’Entreprises, qui, en plus, ont la « GNAC » (audacieuses), ont décidé de créer un « Action-Tank » pour mobiliser des femmes chefs d’entreprise française et les pousser à exporter.
    très cordialement
    Gérard

     
     
  1. Jacques-Olivier Pô

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  2. ManpowerGroup France

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  3. Souleymane DIAO

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  4. Relations-Textuelles

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  5. Kris Saint Ange

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  6. Souleymane DIAO

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  7. Parlons RH

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  8. Thomas CHARDIN

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  9. Bruno A. Bonechi

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