Questions d’aujourd’hui pour compétences de demain

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Depuis le début de l’année nous assistons à la prise de conscience généralisée que les créations d’emplois que nous espérons pour demain demanderont d’autres compétences que celles dont disposent aujourd’hui les chômeurs ou la plupart des jeunes qui sortent du système éducatif.

Ce skill mismatch, que nous constatons depuis plusieurs années, est évidemment plus vif lorsque les créations de postes sont rares et se concentrent sur les nouveaux secteurs en croissance, les nouveaux métiers ou les postes critiques dans l’entreprise. Si cet écart est lié aux évolutions technologiques, à la tertiarisation de l’économie, et aux nouvelles organisations du travail en entreprise, il a aussi été amplifié par notre incapacité à faire évoluer nos systèmes éducatifs et de formation professionnelle au rythme de l’évolution des entreprises, sans parler bien évidemment de leurs dysfonctionnements.
Jusqu’il y a peu, les thèmes des compétences et de la formation étaient des sujets d’experts sur lesquels il était difficile de mobiliser;  ils sont aujourd’hui des sujets forts, au coeur de la campagne présidentielle puisque 34% des Français disent que leur choix se fera en fonction des propositions faites sur ces thèmes…
Pour ceux qui sont convaincus depuis longtemps que la croissance ira là où les entreprises trouveront les viviers de compétences nécessaires à leur développement, cette prise de conscience est une incontestable bonne nouvelle. Néanmoins, la façon d’aborder le sujet ne peut que générer quelques inquiétudes…
Car, avant de se poser la question des moyens supplémentaires ou d’envisager des réallocations massives de financement, avant de lancer des programmes « choc » comme l’imposition d’une formation obligatoire pour tous les chômeurs, encore faut-il savoir à quoi on veut former et quelle est la solution efficace pour le faire !

Et redisons le clairement: si nous voulons des résultats, il va falloir changer nos méthodes de formation et d’accompagnement pour s’assurer que les rythmes de développement des compétences suivent ceux de l’évolution de l’économie et des entreprises.
Le défi est considérable :  oui bien sûr, il faut former aux métiers de demain –  mais on doit aussi enseigner aux élèves et aux collaborateurs ce qui va leur permettre de continuer à apprendre et à s’adapter, parce qu’une chose est certaine: le monde du travail va continuer à se transformer et rapidement !
Les grandes instances internationales s’emparent désormais de ce sujet avec insistance : l’OCDE qui a décidé au sortir de la crise de lancer une grande « Stratégie pour les compétences » ; l’Union Européenne via le CEDEFOP (European Centre for the Development of Vocational Training), organisme qui a fait du « skill matching » le plus grand challenge des années à venir.

De ces travaux, mais aussi des difficultés rencontrées par les entreprises, se dégagent quelques priorités :
• Apprendre à apprendre;
• Apprendre en alternant pratique et théorie, période de travail et période de formation;
• Développer les compétences non cognitives;
• Intégrer l’usage des nouvelles technologies au même titre que la lecture et l’écriture;
Voici autant de « clés de réussite » qui risquent de bousculer les modes de fonctionnement des établissements éducatifs et les habitudes du corps enseignant… Mais sans poser ces questions préalables, nous continuerons à ne faire qu’une politique qui se fixe des objectifs purement quantitatifs ou qui privilégie des grands principes éloignés des enjeux centraux. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette politique n’a, jusqu’à présent, pas fait ses preuves : le chômage des jeunes en France se situe dans la moyenne européenne, mais il est très supérieur à celui des meilleurs élèves européens (Autriche, Allemagne, Pays-Bas). Le taux d’activité des 55-64 ans, inférieur de 7 points à la moyenne européenne, ainsi que la hausse importante du chômage dans cette catégorie d’âge (+16% en 2011) témoignent aussi de la difficulté, en France, à maintenir et développer les compétences tout au long de la vie professionnelle.

Réactions
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  1. Tout à fait d’accord Françoise.
    Nos écoles forment aujourd’hui les étudiants pour des métiers et des technologies qui n’existent pas encore et afin de résoudre des problèmes qui n’en sont pas encore…
    Soyons humble et réaliste par rapport à nos objectifs éducatifs et apprenons plutôt à nos enfants à « apprendre à apprendre » en continuant les encouragements même en cas d’échec.
    Dans un pays d’ingénieurs et de mathématiciens où le système éducatif d’exclusion ne trouve refuge que dans la notation sanction, il y a du chemin à parcourir…

     
     
  2. Jean-François D.

    Et si l’entreprise manquait de souplesse, et si l’entreprise manquait à son devoir d’intégration des jeunes ? Peux t’on imaginer qu’elle s’adapte localement aux jeunes qu’elle façonne ? Tous ces chiffres sont éloquent mais ne confondons pas Human Age et Business Age. La formation doit apporter de nouvelles bases, c’est sur. Mais c’est à l’entreprise d’apporter la preuve de sa bonne volonté à créer la diversité dans une intégration raisonnée. Jean-François D.

     
     
  3. Bonjour, et merci pour cet article.
    Il y a en effet un décalage certain en terme de compétences entre les besoins des entreprises, et la formation universitaire. Par contre, je pense sincèrement que les formations professionnalisantes type BTS, IUT, Grandes Ecoles (commerce / ingénieurs) ont su s’adapter aux évolutions que vous évoquez, et que les jeunes diplômés issus de ces formations sont aptes à répondre aux besoin des entreprises.

     
     
  1. Françoise Gri

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  2. Fabienne Billat

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  3. Aris Conseil

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  4. Ange GREBERT

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  5. Laure Cottrelle

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  6. Relations-Textuelles

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  7. Thomas CHARDIN

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  8. Fabienne Billat

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  9. awbc

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  10. Aris Conseil

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  11. Aris Conseil Achat

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  12. Thomas Schonscheck

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  13. Aymeric Vincent

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  14. Maud Guenot

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  15. PedagoForm

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