Au-delà des constats, l’urgence de l’action

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Les chiffres du chômage publiés hier soir sont particulièrement mauvais. La crise perdure, la crise s’intensifie – et la forte baisse de l’intérim observée au troisième trimestre anticipe malheureusement cette tendance. L’OCDE a révisé hier encore les prévisions de la croissance française (proche de zéro en 2012) et table maintenant sur un taux de chômage de 10.4% dans un an. Malheureusement, cela ne m’étonne pas : depuis plusieurs mois déjà, sur le terrain, nos clients nous font part de leur inquiétude pour les prochains mois. Ils manquent de visibilité sur leurs commandes et sur leur capacité à se financer.
Xavier Bertrand a annoncé hier soir plusieurs projets de mesures visant à amortir le choc de ce nouveau « trou d’air »: la simplification des mécanismes du chômage partiel va dans le bons sens, c’est un moyen efficace qui permet d’éviter l’ajustement immédiat des effectifs en cas de récession et de redémarrer rapidement quand l’environnement s’améliore. Il permet aussi de faire porter l’effort de façon plus équitable et non plus uniquement sur les sous-traitants et les collaborateurs intérimaires.
S’occuper de la sous-traitance et « changer la logique » entre les entreprises donneuses d’ordre et les sous-traitants va également dans le bon sens. Une conviction que je porte depuis longtemps, au sein du Collectif par exemple. Les entreprises aujourd’hui ont conscience que leur responsabilité va au-delà de leurs murs et englobe leur chaîne de production de valeur (sous-traitants, CDD, intérimaires, …). Aux entreprises et aux branches d’agir maintenant.

Et puis, Xavier Bertrand a aussi plaidé pour la création d’un CDI pour les intérimaires, un contrat de travail qui lierait un salarié intérimaire à une entreprise de travail temporaire au-delà du strict temps des missions. C’est un dossier sur lequel la profession réfléchit depuis plusieurs mois et c’est aussi une mesure qui pourrait répondre à des problématiques de professionnalisation, notamment celle de l’accompagnement des jeunes vers l’emploi.

S’il s’agit bien de décider de la mise en oeuvre la flexisécurité en France, j’y suis extrêmement favorable. Sécuriser les parcours professionnels, créer un équilibre gagnant- gagnant entre des entreprises, soumises à des pressions de plus en plus fortes, et des individus qui doivent avoir les moyens de faire évoluer leurs compétences et être accompagnés dans leurs transitions professionnelles : c’est bien en créant cette fluidité du marché du travail que nous allons trouver notre voie de croissance.

C’est dans cet équilibre, entre une flexibilité responsable et une sécurité nécessaire que je me situe. Et nos entreprises d’emploi ont d’évidence un rôle à jouer dans ces mécanismes.

En revanche, s’il s’agit de faire resurgir le vieux reflexe qui consiste à interdire les licenciements ou la flexibilité, croyant ainsi qu’interdire protège, là je m’inquiète.
Nos entreprises ont besoin, pour croître et créer des emplois, de s’adapter et d’être agile dans un monde incertain et imprévisible. La rigidité du marché du travail est un étouffoir tout autant qu’une machine à exclure – les jeunes en premier lieu. Et cette rigidité conforte un marché du travail à deux vitesses entre ceux qui sont dans les entreprises et les autres. Disons-le, ces dispositifs d’interdiction sont une fausse sécurisation.

Vous l’avez compris, le sujet n’est plus de savoir si la flexisécurité est utile ou nécessaire, le sujet est de savoir comment la mettre en place de manière responsable. Il y a urgence : il faut maintenant aller au-delà des mots et des constats, sans dogmatisme ni a priori.

Et travailler avec pragmatisme.

Réactions
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  1. Bruno Praly

    L’urgence de l’action devrait passer par de l’anticipation et surtout un accompagnement par les entreprises à la création d’entreprise et à l’innovation. En effet, de nombreux salariés sont porteurs d’excellents projets qui auraient pus être sources d’emplois futurs. Mais ceux ci se voient « bloqués » par la « petite » poussée dans le dos qui permettrait de démarrer. Or, nous le savons les banques françaises ne sont plus (malgré les publicités) des acteurs économiques aux services du développement. Si les entreprises pouvaient prendre le relais sous forme de pouponnière ou d’essaimage, nous aurions là un formidable potentiel de développement. Ces actions pourraient prendre la forme, en cas de sous activité, d’aide à la construction et de qualification des projets pour un comité « d’expert » interne à l’entreprise, de libération de temps pour permettre la construction du projet par le salarié, de « prêt » des installations (local, téléphone, imprimante, …). Sur ce sujet, le gouvernement n’est pas très présent. Il pourrait lui aussi aider les entreprises mobilisatrices d’énergie par des allègements de charges par exemple

     
     
  2. Bonjour Françoise,

    Il est clair qu’il n’y a pas d’action sans enthousiasme = je ne vois partout que de la RE-action, pour moi, ce n’est pas de l’enthousiasme mais de la survie.

    1/ Je continue à penser que le seul vrai moyen de créer de l’emploi c’est d’avoir de plus en plus de PMEs/PMIs en bonne santé. Mais malheureusement nos femmes et nos hommes politiques suivis de très près par 90% des médias s’intéressent / suivent / parlent et font parler les grandes entreprises. (l’explication = recherche de l’intérêt et de la facilité à courte terme) Est ce que cette ambiance donne envie de créer une entreprise en France?
    C’est pourquoi nos jeunes « entrepreneur minded » vont vers « l’INTER preunariat » souvent poussés par leurs professeurs/familles qui les aiment et ne veulent pas les voir s »éloigner pour créer à l’étranger…
    2/ Pour faire grandir une PME/PMI il est démontré depuis des siècles qu’exporter est le meilleure moyen. Pour information le nombre d’entreprises françaises qui n’exportent plus a augmenté et par contre le nombre d’entreprises allemandes qui exportent a fortement augmenté, ce qui fait tomber le « oui mais l’économie mondiale, et bla bla bla.

    cordialement
    Gerard

     
     
  1. dominique turcq

    urgence de l'action pour le marché du travail http://t.co/sOfYOTpd

  2. ManpowerGroup France

    "Au-delà des constats, l’urgence de l’action". "Urgence" à mettre en place une #flexisécurité "responsable" http://t.co/TtQhejIR by @fgri

  3. ManpowerGroup France

    "Au-delà des constats, l’urgence de l’action": mettre en place une #flexisécurité "responsable" http://t.co/TtQhejIR by @ fgri

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