Jeunes et emploi: plus d’opportunités que de risques

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« Rencontres Capitales » à Marseille. J’ai eu beaucoup de plaisir à ce débat sur l’Emploi des jeunes, car nous étions dans la vraie vie…

Alors que nous venons d’univers très différents (associatif, entrepreneurial, universitaire…) et que nous ne sommes pas tous de la même génération, nous avons partagé les constats, les idées, les solutions concrètes sur lesquels nous sommes souvent tombés d’accord. Cela n’était pas gagné d’avance et cela me parait indiquer qu’enfin nous arrivons à une certaine forme de consensus sur l’analyse et sur l’urgence à moins en discourir mais à agir.

Ce n’était sans doute pas le cas au moment du CPE, il y a cinq ans. Quand j’entends Julie Coudry se féliciter que, depuis 2007, l’université française ait enfin pour mission de participer à l’insertion dans le monde du travail, ou expliquer qu’il faut passer d’une posture d’assistanat à un état d’esprit d’ouverture et d’audace à l’égard de la jeunesse, je me dis qu’un certain nombre de cloisons idéologiques ou dogmatiques sont tombées.

Quand Stéphane Carcillo plaide pour une professionnalisation de notre système d’orientation, et explique qu’il faudrait que ce soient des professionnels qui soient chargés de la mise en relation entre jeunes et entreprises (c’est à dire des gens qui connaissent le monde du travail, son fonctionnement et ses besoins – et non des titulaires d’un bac+5 en psychologie comme aujourd’hui !), je me dis que certaines choses peuvent être dites sans pour autant déclencher l’ire de la salle !

Intéressant aussi de constater que l’importance des compétences non cognitives commence manifestement à être reconnue (alors que c’est le cas depuis des années aux US ou au Canada…) dans la capacité à intégrer et progresser dans une organisation complexe comme l’entreprise.

Bref, le sujet du décalage entre formation et besoins des entreprises n’est plus tabou.

C’est une formidable opportunité pour les politiques de tous bords: qu’ils en profitent pour faire des propositions concrètes ! Au-delà des politiques, il faudra amplifier cette prise de conscience, rompre définitivement avec le cercle vicieux de la méfiance co-entretenue entre Education nationale et monde de l’entreprise, décloisonner les communautés en multipliant les opportunités de contacts et d’échanges. Parce que, fondamentalement, il y a plus d’opportunités que de risques à construire ensemble un monde du travail et de l’emploi enfin équilibré.

Réactions
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  1. Bonsoir Françoise,
    c’est encore moi, sorry, mais quand je trouve des écrits constructifs et courageux, j’en profite, c’est si rare en ce moment.
    M’adressant à un journaliste ami, je lui demandai pourquoi à la radio, presse papier, TV, on revenait sans cesse sur les petits potins des politiques, …. « mais, Gérard, c’est pas nous, ce sont les français qui en redemandent sans arrêt, tu vois bien ce qui se passe …. » mais alors c’est qui les Français ?, j’interroge des gens et chacun me dit « mais vous vous fichez de moi, ça m’intéresse pas ces choses là !!!!! ».
    J’ai relevé dans « Challenges » sous le titre « Les 10 leçons de management de Franck Riboud » la phrase suivante  » …. Nous effaçons systématiquement les écoles d’origine, lorsque nous faisons circuler les CV….. » (entre autres pour éviter les cooptations). Ce qui amène le manager à tester la « gnac » et s’il a des outils (même sans outil) l’ I.E. du candidat et d’essayer d’imaginer sa « valeur ajoutée » dans son équipe en lui posant des questions. bravo, ce qui ne veut pas dire que l’on ne doit pas chercher les meilleurs diplômes en fonction de ses propres possibilités. J’espère qu’il ne reste plus en France des personnes dont la responsabilité est de recruter qui basent encore leurs avis/décisions uniquement sur le diplôme.
    Gerard
    PS: « When the wise man points at the moon, the idiot looks at the finger »

     
     
  2. SETTA Michel

    Madame Gri bonjour.
    j’ai pris plaisir également à entendre les différents intervenants autour du débat sur l’insertion professionnelle des jeunes. La mise en avant des compétences, des ressources est en effet fondamentale. Vous avez évoqué lors de ce débat, le changement de regard nécessaire pour que le recrutement d’un jeune ne soit plus appréhendé en termes de risques mais en termes d’opportunités. Je déforme peut être vos propos, mais je pense être fidèle à l’esprit. La question que je me pose et vous pose, se rapporte à l’évaluation dès l’école primaire de comportements, d’attitudes à risque où il est donc demandé à des enseignants, des pédagogues, des psychologues, des directeurs d’école de porter un « drôle de regard » sur les enfants. Ces évaluations et la logique qui les anime vont elles conduire à permettre l’émergence des potentialités de créativité des enfants ou au contraire à envisager très tôt que l’enfant est un délinquant potentiel. Par ailleurs, des jeunes diplômés témoignent de leur insertion dans un petit ouvrage que j’aimerai bien vous adresser. pouvez vous me communiquer une adresse postale pour le faire. Cordialement. Michel Setta

     
     
  3. Françoise Gri

    Michel, bonjour;
    je ne veux pas aller trop loin sur un terrain que je connais trop peu: je constate que cette histoire d’évaluation à la maternelle provoque beaucoup de réactions négatives, mais je pense aussi que toute initiative (raisonnable!) visant à lutter contre l’échec scolaire doit être expérimentée. Prenez les cellules « Jeunes, quartiers, entreprises »: voilà un dispositif de lutte contre le décrochage scolaire qui a été testé il y a six mois environ en région parisienne, qui a l’air de fonctionner…et qui va être étendu dans les jours qui viennent à Marseille, justement !

     
     
  4. Bonsoir Francoise,

    vous mettez en évidence ces informations trés importantes  » …les PME françaises de moins de 50 salariés représentent 99 % des entreprises et 55 % des emplois….. »

    Parmi ces PME qui pourrait me donner le % d’entre elles dirigées/détenues par une femme en France?
    Et puis pour comparer des choses comparables les mêmes % au Brésil et en Chine?
    (pour information, je viens de poser ces questions dans le groupe MEDEF du réseau Linked-in)

     
     
  5. Françoise Gri

    Gérard, bonsoir;

    En cherchant loin dans mes souvenirs, il me semble que c’est grosso modo 20% des entrepreneurs dans les TPE et les PME qui sont des femmes.

    Ce serait bien que ce soit plus, au moins pour des raisons économiques !

    En effet:
    1/ on observe que les TPE et PME dirigées par des femmes font moins faillite: la proportion de femmes patronnes dans les TPE n’est que de 27 %, mais elles ne représentent que 22 % des redressements et liquidations judiciaires.
    2/ si on en croit l’association « Women Equity for Growth » dont une étude récente porte sur 600 PME et TPE dont la croissance a été financée par le capital-investissement, les sociétés dirigées par des femmes enregistrent un chiffre d’affaires supérieur de 12% en moyenne, tout en consommant un tiers de capital en moins que celles dirigées par des hommes !

    De là à dire qu’il y a un « management au féminin », il n’y a qu’un pas ! Il faudrait un jour formaliser tout cela…pour mieux le faire savoir, non ?!

     
     
  1. ManpowerGroup France

    "#Jeunes & #emploi: + d’opportunités que de risques". Importance des compétences non cognitives. by @fgri http://t.co/mPduXfXc #RCap

  2. ManpowerGroup France

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  3. peggyalamkan

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  4. peggyalamkan

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  5. Luc ∞ Jallois

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