Apprentissage, stages et quotas

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J’ai été invitée ce matin par le site de L’Express à répondre en ligne et en direct à des questions d’internautes sur les perspectives de l’emploi en France.

Certaines de leurs questions traduisaient bien le drame personnel que représente presque toujours le chômage. Bassins d’emplois sinistrés, séniorité : autant de facteurs qui participent à un sentiment d’impuissance et parfois même de résignation, et auquel il est bien difficile de répondre en ligne et en quelques mots. L’exercice déshumanise ce qui ne peut l’être.

J’ai aussi été interrogée sur la « relance de l’apprentissage », levier pour améliorer l’emploi des jeunes et priorité du gouvernement. Faut-il ou non, pour dynamiser cet apprentissage, instaurer ou renforcer les quotas en la matière, m’a-t-on demandé.

Tout d’abord, rappelons qu’il existe, depuis 2008, un quota en matière d’apprentissage : il est de 3% pour les entreprises de plus de 250 salariés. En mai 2010, déjà les Ateliers de l’apprentissage, lancés par Laurent Wauquiez, avaient proposé l’instauration d’un quota de 5% d’apprentis pour les grandes entreprises. La proposition n’avait pas été retenue, mais on sent bien qu’elle pourrait refaire surface. Je ne suis pas favorable à cette extension car je pense qu’on ne peut pas tout régler par des quotas. L’apprentissage est évidemment une excellente solution pour faciliter l’intégration des jeunes sur le marché du travail. Mais il n’est efficace que si son encadrement est de qualité, plus particulièrement dans les six premiers mois. Par contre on peut certainement rendre moins formelles les méthodes d’accompagnement, séparer l’encadrement de l’expertise professionnelle et celui du comportement toujours plus difficile à gérer pour les entreprises, être plus souple dans l’organisation des temps alternés. Il vaut donc mieux aider les entreprises pour s’engager plus avant dans cette voie plutôt que de les contraindre.

Une autre piste pour faciliter l’emploi des jeunes pourrait consister à revoir la réglementation des stages, dont on sait qu’un certain nombre de secteurs ou d’entreprises abusent. Certes, depuis septembre 2010, ces stages doivent nécessairement être intégrés à un cursus pédagogique et ils doivent être rémunérés correctement, mais l’enchainement des stages reste trop souvent incohérent en terme d’acquisition d’expérience parce que soumis aux aléas de la gestion de bureaux de stage plus ou moins organisés. Et lorsque un stage est synonyme de tâches subalternes, sans réelle immersion et implication dans la vie de l’entreprise, il n’améliore pas, loin s’en faut, l’image de l’entreprise auprès des jeunes, contrairement à l’apprentissage qui assure à l’apprenti une formation professionnelle complète, dans la durée, correspondant au métier choisi, et sous la responsabilité d’un responsable unique dans l’entreprise.

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