Quelle fléxisécurité « à la française » après la crise ?

08
06
11

Si cette crise nous a démontré que la flexibilité de l’emploi a permis d’en amortir le choc sur les entreprises, elle nous a aussi rappelé, avec une certaine âpreté, que la flexibilité ne pouvait définitivement se concevoir ni s’appliquer sans la sécurité d’un accompagnement professionnel et la garantie de la transférabilité d’un certain nombre de droits, dont celui à la formation.

L’après-crise remet ainsi à l’ordre du jour la notion de « fléxisécurité », une notion qui faisait en 2007 l’objet de tous les débats, au cours desquels on se demandait s’il fallait appliquer le modèle scandinave ou le modèle britannique, balançant ainsi entre plus de sécurité ou plus de flexibilité. 2008 a renvoyé ce débat dans la rubrique des futurs années de croissance, puisqu’elle présupposait le plein emploi.

Aujourd’hui, le plein emploi n’est plus la condition mais l’objectif. La fléxisécurité, ce n’est plus une idée mais ce qui devrait constituer notre réalité. A nous d’en faire un modèle français et d’en appréhender les moyens à l’aune des défis de demain et non de la nostalgie des Trente Glorieuses.

Ces moyens seront construits autour de trois impératifs lourds et profonds que la crise a mis à jour et qui vont structurer le marché de l’emploi de demain : l’agilité, la responsabilité et l’employabilité. A nous d’en faire la réalité d’un emploi responsable.

Réactions
11
  1. Gerard E. Stein

    Je reviens d’un voyage en Chine, Beijing pour, entre autres, assister au 20ieme Global Summit of Women ou plus de mille Femmes leaders provenant de plus de 70 pays se sont reunies pendant trois jours, puis à Shanghai où j’ai visité quelques pavillions à la world expo, dont ceux de la Chine et de l’Arabie Saoudite qui m’ont profondemment marqué.
    Dans ces deux villes J’ai eu auyssi l’opportunité de discuter avec plusieurs femmes « Business owners » ret, …
    A mon retour j’ai eu entre les mains un exemplaire de l’Express ou une phrase de Christine Kerdellant a résumé mon impression generale  » en matière d’économie le France s’installe dans un deni du réel ».

     
     
    • Françoise Gri

      Déni du réel ? Effectivement, il s’agit bien, aujourd’hui, de faire face au futur avec la volonté d’agir, de s’en sortir et de ne pas laisser à nos enfants une dette sociale abyssale – et pour cela il nous faut inventer une nouvelle solidarité et une nouvelle responsabilité des entreprises et des collaborateurs.

       
       
  2. Boiret Alain

    Alors agissons ! S’il n’est plus temps de polémiquer, il est temps de passer aux actes. Faut-il créer le parti de l’emploi comme les écologistes (vrais ou faux) ont créé le leur ?
    L’emploi est la clé de tout. Lycées Universités Entreprises devraient avoir envie de vivre ensemble, de chercher ensemble, de s’accompagner pour un avenir centré sur les jeunes et non sur les enseignants ou les patrons et salariés en place !
    Les gens expérimentés devraient avoir leur place dans la société et dans les sociétés, non plus en temps que chomeurs de longue durée mais en temps qu’accompagnateurs de plus jeunes et de conseils. En cela je crois au travail en temps partagé (un salarié, plusieurs patrons, une feuille de paie !)
    Des solutions pour que les entreprises puissent être reprise sont à trouver.
    Des créations d’entreprises dans les régions rurales doivent être encouragées.
    Pourquoi, en France, n’acceptons-nous jamais de trouver des valeurs dans le secteur public comme dans le secteur privé ? Pourquoi faut-il que nous cloisonnions tout ? Pourquoi faut-il être l’un ou l’autre à l’exclusion de tout autre type de fonctionnement mixte ? Comme s’il n’était possible que d’être de gache : tout Etat, ou de droite : tout privé !
    Quand cesserosn-nous d’être des enfants gâtés et deviendrons-nous des adultes responsables, fiers de ce que nous aurons accomplis et construits ? Pourquoi cherchons-nous à ne pas vieillir, à vivre avec un corps toujours plus souple malgré l’âge et n’acceptons-nous pas la souplesse dans notre vie professionnelle ?
    Quand cesserons-nous de faire la liste de nos droits pour établir celle de nos devoirs envers nos enfants et les leurs, nos concitoyens, nos partenaires nationaux et étrangers ?
    Quand cesserons-nous de considérer que se former est un droit alors que c’est, avant tout, un devoir envers soi-même mais aussi son employeur public et privé, ses partenaires professionnels…
    Quand accepterons-nous de considérer les syndicats comme des associations et non comme des institutions publiques ? Tous les François au travail devraient être syndiqués dans des syndicats de leur choix ne recevant jamais aucun subside de d’Etat ou de partis politiques. ce sont des partenaires non des adversaires.
    Bref, quand accepterons-nous de nous prendre en main ?
    Parlons-en !!!
    Bon courage !
    Alain Boiret

     
     
  3. Bruno Praly

    Ce n’est pas nous qui referons le monde, mais avant de parler de fléxisécurité, je pense qu’il faudrait parler de courage. Courage pour nos femmes et hommes politiques d’assumer leurs choix / Courage pour les managers de nos entreprises de reconnaitre la vrai performance réalisée / Courage pour les chargé(es) de famille de donner une éducation à leurs enfants sur l’injustice de la vie. Concernant, le plein emploi !!! ce point devrait etre observé sur une vie professionnelle et non pas à un instant t. En effet, autant parler de 35 heures est une question que je ne voudrais pas réouvrir (tant elle a été évoqué), autant réfléchir sur l’aménagement du temps de travail sur la durée de la vie professionnelle pourrait avoir du sens. Travailler plus quand on est jeune et moins quand on est senior. Pourquoi allonger la durée du travail jusqu’à 62 ans (voire plus) quand on sait que le niveau d’emploi des plus de 55 ans est environ de 30%

     
     
  4. Gerard E. Stein

    « Quand la France s’eveillera???? » c’est une question

    ma réponse: quand les leaders et influencers de notre pays surtout ceux qui s’expriment dans les medias, auront le courage d’intégrer/penser GLOBAL avant de donner leurs avis et ou conseils. …

    Clara Gaymard, cette femme d’exception, a dit, entre autres, lors des matins d’HEC-Challenges
    « Si on ne réagit pas, on risque de devenir un pays sous- développé. »

     
     
  5. Madame,

    Notre association ASTREES présentera son rapport « Crise du travail : pour un changement des modes de gestion » le 23 Juin. Ce rapport est le résultat du travail collectif d’un groupe de quinze personnes (managers, syndicalistes, consultants, universitaires) ; il se propose d’établir un diagnostic de la crise du travail dans ses spécificités françaises qui veut aller au-delà d’une explication par la « souffrance au travail » et de formuler 4 grands axes d’amélioration et de changement des modes de gestion et des pratiques managériales.

    Le rapport sera présenté par ses auteurs et également commenté par Marie-José KOTLICKI (UGICT-CGT), Pascale LEVET (ANACT), Paule ARCANGELI (AG2R La Mondiale) ainsi que par des responsables politiques et syndicaux.

    Nous serions ravis de vous compter parmi nous lors de cette journée. Vous pourrez trouver le programme et le bulletin d’inscription sur notre site (http://www.astrees.org/invitation_fr_01_03_art_265.html).

    Meilleures salutations,
    Claire PIOT
    ASTREES

     
     
    • Françoise Gri

      Bonjour;

      Merci pour votre invitation, mais je suis en déplacement à l’étranger cette semaine !

       
       
  6. Michel Horps

    Agilité, responsabilité, employabilité : trois fois oui ! Ces trois mots d’ordre sont impératifs si nous voulons éviter de devenir un « PVSD » : un pays en voie de sous-développement. Ils s’imposent aussi bien aux individus – pour leurs parcours personnels – qu’aux entreprises – qui se doivent d’être elles-mêmes agiles et responsables, et qui devraient penser à l’employabilité de leur personnel, bien que ce soit en apparence un peu dangereux pour une entreprise petite ou moyenne.

    Mais il serait peut-être utile de passer au crible de ces critères les politiques publiques.

    Est-ce que la formation initiale favorise l’agilité, l’employabilité future de nos jeunes ?
    Est-ce que nos systèmes d’indemnisation (du chômage, de la maladie) favorisent la responsabilité des personnes concernées ?

    A l’inverse, une mesure comme le statut de l’auto-entrepreneur va clairement dans le bon sens selon les 3 impératifs : agilité (cumul avec un autre statut), responsabilité (apprendre à être son propre patron) et employabilité, bien sûr !

     
     
  7. L’agilité, la responsabilité et l’employabilité ?

    L’intérim social se développe, du moins en Belgique, il permet aussi bien aux entreprises de continuer d’utiliser tous les outils de flexibilité à leur disposition qu’aux intérimaires actuels et futurs (du manœuvre au cadre) d’être accompagnés jour après jour dans leurs évolutions professionnelles et personnelles comme tout salarié en CDI.

    Indépendamment de la mise en œuvre de nouveaux services ou de leurs réelles affirmations, il s’agit, également, pour les agences d’emplois Manpower et autres de remettre en cause leur process de recrutement et les paramètres de gestion des intérimaires inscrits afin d’offrir des services différenciants des autres acteurs de l’emploi.

    Les joies de la communication comme « On va tout faire pour vous faire aimer l’intérim » montrent leurs limites dans un contexte de crise alors que cet outil quand il est bien utilisé permet à chaque individu de mieux s’épanouir.

    Aussi bien la création de valeur chère à toutes les sociétés qu’une réelle responsabilité éthique sont devenus des éléments déterminants pour développer l’image d’employeur responsable et attirer les meilleurs.

    Il est dommage que l’avance soit tenue par les PME et non les majors contrairement à ce que l’on peut apprendre dans des écoles de commerce où les leaders se distinguent par la création de solutions nouvelles et non en étant des suiveurs.

     
     
  1. Pierre-Yves Laurent

    Quelle fléxisécurité « à la française » après la crise ? http://ow.ly/1Wyxz

  2. abdelbends

    Quelle fléxisécurité « à la française » après la crise ?
    http://alturl.com/og3n

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>