Du CDI et du sens de la mission
Quelques tweets, ces dernières heures, relaient l’interview que j’ai donnée à David Abiker dans le cadre de son émission « On revient vers vous », diffusée sur cadremploi.fr.
Celle-ci est titrée « Adieu CDI, bonjour missions », alors forcément, la ficelle apparait un peu grosse pour certains… et c’est normal : « Nous décryptons aisément la mise en avant des produits Manpower, intérim & portage salarial », ai-je pu lire parmi les commentaires.
« Adieu CDI, bonjour missions » : ce titre un peu « choc » ne résume pas bien mon propos, qui se voulait plus nuancé. Je ne pense pas, loin s’en faut, que le CDI soit condamné. C’est un pilier de notre droit du travail et je sais combien son obtention constitue souvent une étape importante dans une vie professionnelle. Néanmoins, ce que j’observe, c’est qu’il y a de plus en plus de salariés, souvent jeunes, qui gèrent leur carrière comme une suite de « missions ». Et que cette approche est nouvelle, car portée par la génération Y.
Je pense donc que les entreprises devront prendre en compte cette forme nouvelle de rapport au travail, moins formel, moins durable mais sans doute aussi plus équilibré, pour attirer et conserver, autant que faire se peut, les talents de demain…




Commentaires »
Diane de Haan
Madame,
j’ai regardé avec intéret cet interview et j’avais bien compris vos propos.
Travaillant en indépendante depuis plus de dix ans dans laa gestion et l’optimisation de l’organisation,de la performance et du changement, je ne peux que conforter le fait de travailler par missions.
La vraie question à mon avis est de savoir pourquoi, les gens, les jeunes, la génération Y voit actuellement et de plus en plus sa vie professionelle sous cette forme.
Je crois sincerement que la structure des sociétés actuelles et leur manque de qualité RH amène les employés à devenir de plus en plus égoistes (à juste titre) de prendre en main leur ‘destinée’ professionelle.
La stratégie de développement, d’appartenance, de suivi des ressources humaines est loin d’etre adéquate, ni ne permet de se sentir ‘à sa place’, ‘mis en valeur’ dans des structures ou les managers meme ne connaissent pas toutes leurs ‘troupes’ par leur noms et prénoms.
La valeur ajoutée d’etre ‘permanent’ ou en CDI, n’a plus sa valeur autant qu’avant.. Elle n’est plus synonyme de faire grandir une entreprise, d’etre un chainon important, d’avoir une certaine sécurité…
Certaines sociétés arrivent à garder cette impression de faire partie d’une famille, heureusement, mais ce n’est pas une majorité.
La majeur partie des entreprises écoutent plus leurs actionnaires que leur employés, sans etre révolutionnaire, c’est la vérité que je vois sur le terrain tous les jours. Ca donne envie de faire sa vie dans une entreprise quand on est pas écouté? Est ce un but de se développé dans une entreprise qui recherche la performance financière avant toutes autres performances?
Il y a des solutions, mais elles demandent des prises de conscience et des mises en face de la réalité corporate, que peu de CEO sont à entendre, à accepter et à corriger…
En tout état de cause, Madame, une interview qui m’a parlé (meme défaut de non langue de bois)
Cordialement
D.de Haan
David ABIKER
Bonjour Françoise, je revisionne l’interview et je reconnais volontiers que le titre méritait un point d’interrogation. Mea culpa. Ceci dit, l’ensemble me paraît assez représentatif de notre échange. Continuez à blogguer et à défendre vos idées sur l’emploi.
On manque de patronne.
On manque en encore plus de patronnes bloggueuses.
Cordialement.
David ABIKER
Bruno Praly
Ce sujet mérite d’être appronfondi de quelques données chiffrées sur la répartition entre Homme/Femme, CSP, Secteur. Il est vrai que l’allongement de la durée de travail et l’allongement de l’espérance de vie doivent et auront très certainement des conséquences sur les modes de contractualisation du travail et sur les rapports des salairés vis à vis de l’entreprise. Dans notre beau pays, il ne fait pas bon – même en étant « trés » compétent d’être jeune (moins de 25 ans) ou d’être agé (plus de 50 ans) et de ne pas avoir d’emploi. La solution pour ces personnes se trouvent justement dans des projets « personnelles » de type création d’entreprise ou de type mission. Dans les deux cas, cela est souvent une conséquence du à la difficulté de trouver un emploi pour les personnes agées, ou de l’incertitude du métier désiré pour les jeunes. Mais moins, je pense, à une nouvelle prise en compte par les salariés de leurs carrière
ubeda
Je ne suis pas d’accord avec les propos de Madame GRI. Pour ma part, je pense qu’il y a une désillusion des jeunes par rapport au monde du travail, pas de reconnaissance, trop de pression,etc…
Ils n’investissent plus l’entreprise comme leurs ainés car ils savent qu’ils sont des salariés jetables.
Pour eux, c’est une question de survie
christelle
J’ai presque 40 ans et travaille depuis 1995.
Il y a une vrai perte de sens dans les entreprises a l’heure actuelle et une perte des valeurs au detriment de la rentabilite.
Je change d’entreprise tous les 3 ans et j’ai vraiment le sentiment d’accepter des missions. Une fois que la mission est terminee ou une fois que je n’y trouve plus mon compte je vais voir ailleurs si le pre est plus vert.
Pas facile a assumer d’autant que l’on me reproche « de papillonner ».
Je me sens en CDD dans les entreprises tout en etant en CDI.
De toute facon 90% des societes ont une vision a tres court terme, il est donc tres difficile pour le salarie de s’investir dans une autre echelle de temps..
Goffart
Je partage cet intérêt pour la mission. Mais j’ai parfois, souvent, du mal à faire « respecter » ce cadre pour ne pas sombrer dans le salariat dégradé du portage salarial à tout vent par exemple. Je ne mets pas l’intérim dans le même panier : les agences, au moins, se décarcassent pour obtenir des missions !
L’indépendance n’est pas bien vécue des entreprises… Quel est cet électron libre qui vend sa compétence sans passer par un lien de subordination ? Fichtre bigre ! Il est libre, serait-il dangereux ?!!! Les entreprise, non plus, ne gère pas leur « fournisseurs de mission » : j’ai travaillé pour Right, pour Manpower, j’aime ces deux entreprises, je leur ai fait savoir : nul doute que depuis 3 ans, une mission aurait pu me correspondre. Je me suis heurtée à la rigidité des recruteurs : t’es venue, t’es partie, fallait choisir, m’a dit l’un d’entre eux (sans me tutoyer, là c’est moi qui romance !). Françoise, je vous ai rencontré lors d’une mémorable sortie à Gousainville, riante campagne, avec Jeff ! Quand vous voulez, je vous envoie mon offre de service ! En plus, j’ai eu d’autres missions et j’ai bonifié, depuis !!!
Bien cordialement
Claude
Corinne Thomas
Madame,
J’ai écouté avec grand intérêt votre interview – Aujourd’hui, faire des « missions » relèvent d’un grand luxe – Jeune diplô mée de 50 ans après une reconversion professionnelle, j’ai souhaité également changer de Région, pour assumer une séparation conjugale. Aujourd’hui sans ma famille « de fonctionnaires », je serai sans Toit, car sans CDI de plus de deux ans, pas de logement et sans logement pas de droits sociaux etc … Mon parcours s’inscrit sur l’alternance de CDD ou CDI et de formations professionnelles reconnues pour mieux répondre aux demandes du « marché du travail »,et pourtant
il faut toujours autant vaincre les vieux démons discriminatoires … avant de pouvoir mettre en avant son potentiel pour tenir un emploi responsable.
Respectueusement,
CT
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