La « page 75 » ou du poids des mots et des cultures dans le management…
Jeudi dernier, lors de ma visite aux équipes du Puy-en-Velay. Nous parlons évolution de nos métiers, expérience, formation… et tout d’un coup un collaborateur fait allusion à la « page 75 »…
La « page 75 » ? C’est quoi ? Je ne saisis pas…et le dis, bien sûr…
Echanges de regards, rires un peu gênés…et on m’explique que cette « page 75 » est celle du dernier petit livre, diffusé en interne, et consacré à notre Refondation. On me dit aussi que ces quelques lignes sont très commentées dans le réseau, un peu comme s’il y avait dedans un je-ne-sais quoi de sulfureux : « tu as vu, toi, ce qui est écrit, page 75 ? »
Alors que dit-elle, cette fameuse page 75 pour mériter une telle réputation ?
Quelque chose d’évident à mes yeux: la polyvalence n’est ni synonyme de compétence, ni garantie de performance.
C’est bien en approfondissant un métier que l’on va progresser et apporter une meilleure qualité de service à nos clients et candidats…ce qui n’est évidemment pas contradictoire avec savoir « donner un coup de main » en cas de charge exceptionnelle ou d’absence…
Eh bien, cette phrase, si elle peut être comprise par les collaboratrices de cette agence, n’en constitue pas moins une remise en question profonde qui les perturbe. Elles étaient fières de savoir « toucher à tout », sans être véritablement spécialiste de rien. Et tout d’un coup, d’une simple phrase, j’ai balayé un peu de leur fierté professionnelle et entamé leur confiance en elles – alors qu’il s’agit de capitaliser sur leur acquis et potentiel pour les engager sur le développement d’un parcours professionnel pérenne et riche de sens.
Alors aujourd’hui, six mois après, cela sort…et cela sort avec le sourire, parce qu’on a pu en parler et s’expliquer, parce que j’étais sur leur terrain.
Choc des cultures, poids des mots, remise en cause de ce que l’on est : on est bien au cœur des tensions qui s’exercent dans les entreprises qui se transforment. Et au cœur de ce qui fait l’importance de réinventer un management de proximité, capable de traduire et suffisamment fort et crédible pour donner du sens.




Commentaires »
CHOAIN
Chère Françoise,
c’est tout le sujet de notre fusion entre les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires. Après une longue période de gestion très locale des talents, les Caisses d’Epargne ont instauré des règles de mobilité qui ont conduit 2/3 des dirigeants à changer d’entreprise ces 5 dernières années. A contrario, les Banques Populaires ont un modèle fondé sur la stabilité des interlocuteurs de leurs clients, et rechignent à une trop grande mobilité des équipes dirigeantes. C’est maintenant que l’histoire commence; quelle culture, quelle vision, quelle nécessité l’emportera ?
A très bientôt
Laurent
Ernest Mbong
Chère Madame GRI,
Je vous écris après vous avoir suivi sur France dans les infiltrés pour présenter ma candidature.
Mais avant tout je tiens à apporter ma contribution au sujet de la « page 75″.
La complexité, effective aujourd’hui du choix entre une spécialisation dans un métier accompagnée d’un enrichissement de l’expérience dans le service donc apriori une garanti de qualité pour le client; et la polyvalence, jugée comme élément capital de la flexibilité salarial et donc d’employabilité. Une personne polyvalente serait donc plus a même de rebondir sur le marché du travail. Peut-être faut-il chercher la réponse, ou le juste milieu en débutant par une polyvalence qui permette d’explorer plusieurs type métiers et donc avoir comme des savoirs généraux mobilisable en cas de besoin, avant de se spécialiser sur un métier dans lequel on av pouvoir saisir toute les méandres au profit d’un service de qualité.
A très bientôt.
Ernest.
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