Une complémentarité indispensable, au service d’une cause nationale

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Comme annoncé dans un précédent billet, je souhaite faire un point sur le nouveau chapitre qui vient de s’ouvrir dans l’histoire récente de la complémentarité public-privé des acteurs de l’emploi.

Si on se livre à un rapide retour en arrière, la création de Manpower en 1957 ne s’apparentait pas, aux yeux des pouvoirs publics, à la création d’une entreprise comme une autre. D’une part parce que son activité était inédite en France et que le cadre juridique du travail intérimaire n’existait pas encore ; d’autre part, parce que le service proposé par Manpower touchait à l’organisation du travail, tenue pour une prérogative de l’Etat. Malgré cette « défiance de principe » de l’administration, la collaboration avec les pouvoirs publics s’enclencha et en 1969, l’accord signé entre Manpower et la CGT constitua une évolution importante : le rôle économique et social du travail temporaire était reconnu, l’intérim était en quelque sorte institutionnalisé, et la position de Manpower dans ses relations avec les pouvoirs publics en sortait renforcée.

Deuxième étape importante : la loi du 12 juillet 1990 qui affirme que le CDI est « la forme normale du contrat de travail », mais qui entérine le travail temporaire comme l’une des formes d’emploi possibles des salariés. A compter de cette date, on peut considérer que la « défiance de principe » de l’administration à l’égard de notre profession va s’atténuer et laisser place, progressivement, à une vision plus nuancée du travail temporaire. Nous entrons alors dans une phase de normalisation.

En 1994, un accord-cadre est signé entre l’ANPE et les organisations professionnelles du travail temporaire. Il vise à augmenter les solutions d’insertion proposées aux demandeurs d’emploi en mettant à leur disposition les offres de missions confiées par les entreprises de travail temporaire. Les demandeurs d’emploi peuvent donc trouver en un lieu unique, à la fois les offres de l’ANPE et les propositions de missions d’intérim. On peut considérer que cet accord est la première institutionnalisation nationale d’une collaboration entre service public de l’emploi et entreprises de travail temporaire.

L’amélioration des rapports institutionnels entre Manpower et acteurs publics se concrétisera aussi au niveau local. En 2003, nous signons avec l’ANPE un accord de partenariat (qui sera renouvelé pour trois ans en 2006) ; cet accord favorise une collaboration concrète et opérationnelle entre nos agences respectives et fournit une impulsion majeure pour un rapprochement entre nos collaborateurs permanents et les agents du service public de l’emploi.

Et puis, bien sûr, la loi Borloo de 2005 constitue un tournant et marque le début d’une évolution majeure dans les relations commerciales entre Manpower et les acteurs publics ; dorénavant, les entreprises de travail temporaire peuvent élargir leur action à toutes les formes d’emploi : travail temporaire, CDD, CDI… et elles sont reconnues comme des acteurs du 2ème cercle du service public de l’emploi.

Au-delà du cadre réglementaire, il faut aussi reconnaître l’importance d’une réelle et bénéfique modification des perceptions réciproques de chacun.

Je dirais que nous avons appris à nous connaître et qu’il était grand temps.

A la violence de la crise, nous pouvons aujourd’hui répondre d’une seule voix : celle du partenariat, celle de la complémentarité des compétences et des connaissances des bassins d’emplois, celle de la mobilisation de tous au service d’une cause nationale.

Je reviendrai dans les tous prochains jours sur l’état d’avancement et la mise en oeuvre de ce partenariat sur le terrain, après quelques semaines de collaboration.

Réactions
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  1. Merci Françoise d’avoir répondu à mon courriel précédent sur votre intervention du 2 octobre.
    J’écris vous, puisque cela fait moderne, c’est toi, pardon, vous qui le dite, même si les distances s’agrandissent de plus en plus entre nous. En effet, comment vous faire part de nos problèmes d’intérimaires, à vous, pas à l’agence, d’ici que vous puissiez être au courant il va se passer quelques années, vu l’administration lourde de Manpower.
    Je n’ai pas envie de passer par les syndicats, du moins ceux que je connais, alors que faire ?
    Le blog ? possible, mais cela risque difficile pour vous de gérer une telle tribune, vous ne pourriez plus vous balader aux quatre coins du monde, réduisant à néant votre bilan carbone….
    Si je vous écris ceci, c’est que j’ai l’impression que vous êtes loin de nous, vous avez répondu sur la dernière chronique, mais c’était exceptionnel, à quand une réunion intérimaire-permanent-direction, un truc qui ne se fera pas au Zénith, entre vous, mais simplement, entre tous les composants de la société Manpower, ceux qui la font vivre, j’allais dire « croitre », mais ce mot là devrait être banni de nos sociétés !!
    Merci Françoise pour ton, ah décidément ! votre réponse, et le temps consacré aux intérimaires.
    le mic

     
     
  2. Chardon

    Bonjour, je souhaite réagir ou rebondir sur votre dernier billet « complémentarité indispensable… » En effet, cette nouvelle collaboration à l’unisson est désormais indispensable pour faire front face à la crise de l’emploi. Présente hier de façon timide, c’est désormais une réelle (r)évolution… Timide jusqu’à ce jour, car au delà d’un accord cadre cette « collaboration » était active (et animée) partout où de bons échanges avec l’intelligence des acteurs locaux (fruit d’une relation de terrain) permettaient de bousculer les perceptions réciproques de chacun.

    « Maintenant que nous nous connaissons, il est grand temps d’agir pour être complémentaire, tant dans les compétences que dans la connaissance des bassins d’emplois » La tache est importante et pas des moindres. On peut d’ailleurs citer Confucius qui disait « Ne vous souciez pas d’être sans emploi ; souciez-vous plutôt d’être digne d’un emploi. »

    Mais que penser de la réalité du terrain quand nous pouvons lire dans les colonnes de France Soir (http://www.francesoir.fr/emploi/2009/09/30/pole-emploi.html) que le pôle emploi se cherche encore ? Nos craintes alimentés par nos perceptions du service public, ont elles raisons d’être ? La prise en charge des demandeurs d’emploi passe t’elle forcément par le secteur privé ? Que penser alors de l’article (http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g3VmSOGzXeiyqhtstWhQP0KzzOKQ) faisant état que le privé est moins « performant » que le public ? Cette enquête date de 2007, c’est à dire un siècle compte tenu de l’évolution de nos marchés, mais ne pourra que renforcer l’approche mercantile des opérateurs privés dans le domaine de l’accompagnement. Vous l’avez dit notre société se doit d’être responsable même si elle n’est pas à caractère social. Finalement, n’est ce pas là la clef du succès : être légitimement impliqué dans les solutions emploi, responsable et sensible à la cause tout en étant intéressé pour réellement mettre en oeuvre les moyens nécessaire pour répondre au service attendu par notre partenaire ?
    Bonne journée.

     
     

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