L’alternance, un des meilleurs dispositifs d’insertion professionnelle

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Hier, en route vers mon bureau, j’écoutais Martin Hirsch répondre aux questions de Jean-Michel Aphatie sur RTL. D’emblée, le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et Haut commissaire à la Jeunesse a reconnu que « les 80 mesures prises en trente ans » n’ont pas permis de rompre avec ce mal bien français que constitue notre incapacité à intégrer massivement les générations nouvelles dans le marché du travail : le taux de chômage des 15-24 ans varie chez nous entre 15% et 25% depuis le début des années 80, en fonction de la conjoncture, et il a grimpé de 30% ces douze derniers mois.

Attention aux chiffres néanmoins : un taux de chômage de 25% ne signifie pas qu’un jeune sur quatre est au chômage. Car le taux de chômage se calcule rapporté au nombre de jeunes qui ont effectivement un emploi…et fort heureusement environ deux jeunes sur trois sont élèves ou étudiants. Le nombre de 15-24 ans au chômage, ramené à la totalité d’une génération, serait donc plutôt de l’ordre de 8 à 10%.

Cette précision faite, il n’en reste pas moins, qu’en la matière, la France fait figure de mauvaise élève en comparaison des autres pays développés. Le rapport de l’OCDE remis au Premier ministre par Anne Sonnet la semaine dernière qualifie notre performance de « médiocre » et Martin Hirsch estimait hier matin qu’il faudrait « entre 3 et 5 ans » pour inverser cette tendance.

Comment faire ? L’alternance, a-t-il souligné, que ce soit sous la forme de contrat de professionnalisation ou de contrat d’apprentissage en formation initiale, reste le meilleur des outils, puisqu’il permet, dans huit cas sur dix, d’obtenir au final un emploi pérenne. Une actualité fournie ces quinze derniers jours tendrait à prouver qu’il se dégage un certain consensus sur l’efficacité du dispositif.

Tout d’abord, ce qui est particulièrement intéressant selon moi, c’est que les jeunes eux-mêmes sont parfaitement au courant de l’efficacité de ces contrats de professionnalisation ou d’apprentissage comme l’a démontré un récent sondage de la Chambre syndicale des organismes de formation en alternance (même si, en raison de la crise, les recrutements en contrats de professionnalisation et d’apprentissage ont chuté de 30% depuis le début de l’année).

Reste maintenant à encourager l’accès à ces contrats, plus particulièrement pour les populations fragiles que sont les jeunes sans qualification (en 2007, sur 170 000 contrats de professionnalisation signés, seuls 32% concernaient des jeunes avec un niveau inférieur ou égal au CAP et BEP). C’est tout l’objet du rapport Pilliard, remis à Laurent Wauquiez le 7 mai dernier, qui préconise une meilleure appropriation du dispositif par les différents acteurs de l’emploi et un assouplissement des règles de financement.

Certains recommandent des solutions plus radicales : en instituant une obligation de 5% de salariés en formation par alternance aux entreprises de plus de 50 salariés, on doublerait le nombre de jeunes en alternance d’ici à 2011. C’est une des mesures phares du rapport Sabeg, qui, à mon sens, est passée un peu inaperçue (en comparaison de celles consacrées à la diversité proprement dite).

Enfin, preuve supplémentaire de cet intérêt grandissant pour l’alternance, le président de Véolia Environnement, Henri Proglio, vient de se voir confier une mission de « promotion et de développement » des contrats d’apprentissage et de professionnalisation, au terme de laquelle une « Charte de l’alternance » (avec des engagements chiffrés) serait proposée aux entreprises et aux branches professionnelles.

PS : nous avons fait paraître dans Les Echos d’hier et dans Le Monde daté d’aujourd’hui une nouvelle annonce qui propose de retrouver sur manpower.fr plus de 2700 CDI, 400 CDD et 4800 missions dans tous secteurs, dans toute la France. Beaucoup de ces contrats sont destinés aux jeunes. Mais c’est encore malheureusement bien insuffisant.

Réactions
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  1. michel périssat

    Heureux de vous savoir de retour, et « Hier, en route vers mon bureau, j’écoutais Martin Hirsch ».
    J’espère que le « en route » c’est fait en vélo, à la présidente aussi de montrer l’exemple, et ne pas faire comme tous les « crânes d’œuf » qui sont au gouvernement, les ronds de cuir qui pondent des lois, qui ne les appliquent pas, ou même, n’ont pas la conscience de leur inutilité.
    Tous cela pour dire : avez vous fait le bilan carbone de votre grand voyage ?
    N’aurait il pas été plus souhaitable à l’heure d’internet de faire des vidéo conférences ?
    A l’heure d’un changement de structure de nos modes de vies, il ne faut pas attendre toujours demain, pour réagir.
    Autrement, pour faire suite à votre dernier propos, j’espère bientôt pouvoir bénéficier d’une formation d’un an, car après 30 ans au service de Manpower, réclamer cette formation ne semble pas inopportune.
    A bientôt.
    le mic

     
     
  2. Je tiens à vous remercier pour la qualité des compte rendus que vous nous avez fait parvenir au cours de votre voyage. Il est super important que vos lecteurs comprennent ce qui se passe vraiment ailleurs. Les pays en developpement et émergents, cela represente que 80% de la planète et ce sont eux qui, demain (et peut etre deja), donneront l’exemple. En vous rendant sur place vous avez pu sentir les diffences et vous nous les avez retranscrit sans les transformer …. pour faire plaisir aux lecteurs. J’espere que ceux qui disent qu’ils veulent ameliorer « l’emploi » en France se sont rués pour vous demander des conseils?

     
     
  3. Nelly

    Je me sens tout à fait concernée par le post ci dessus, étant moi même issue d’un cursus de trois ans en alternance, je ne saurais que recommander cette voie à d’autres jeunes. A la fois pratique et théorique, l’alternance est un bon moyen d’intégrer le monde du travail sereinement. De plus, c’est aussi l’occasion de faire ses preuves auprès de l’entreprise et pourquoi pas que cette expérience finisse par une embauche.
    Aussi, augmenter les places réservées aux alternants dans les entreprises est une très bonne chose mais il ne faut pas que ces derniers occupent un poste à part entière. Au cours de mes différentes expériences, j’ai pu constater que certaines entreprises faisaient appel aux apprentis uniquement pour des raisons de coût. Or, la formation reste l’élément le plus important et il ne faut pas omettre de sensibiliser les futurs tuteurs et maitre d’apprentissage à cela.
    Enfin, les CFA indépendants ne dispensent pas toujours un bon niveau d’enseignement et les formations en alternance au sein des établissements ne sont pas très nombreuses, espérons que la demande des entreprises conduira à l’ouverture de nouvelles classes.

     
     
  4. Merci pour ces informations, cela n’a rien d’étonnant que la plupart des jeunes en alternance trouvent un contrat rapidement et surtout pérenne, durant leur mission, l’entreprise a la posisblité de les tester sur différentes taches et de voir ainsi s’ils sont efficaces… et puis soyons honnetes c’est tout de meme bien plus simple de garder un salarié formé et qui connait la boite que de lancer un nouveau recrutement.

     
     

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