Réforme du lycée : pour une préparation aux choix professionnels

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Période de vacances de Pâques oblige, beaucoup de bruit et de presse autour des « classements des lycées ». Le Figaro, La Tribune, L’Express… Peut-être d’autres ? Chacun y va de sa méthodologie, de ses commentaires et de ses conclusions.

On le constate: ce sujet prend chaque année une importance croissante…et dès la fin du second trimestre, des stratégies s’élaborent dans bien des familles. Il faut souhaiter aux réflexions et consultations en cours sur la réforme du lycée le même intérêt que suscitent ces palmarès.

De l’aveu même de ses initiateurs, l’échec historique de la réforme du lycée renvoie à un défaut de pédagogie : notre pays s’est si souvent querellé sur son enseignement scolaire qu’on ne devrait entreprendre de le réformer qu’avec les plus extrêmes précautions. Il appartient maintenant à Richard Descoings, dans le cadre de la consultation qui lui a été confiée par le Président de la République, de chercher les voies d’un nouveau consensus : c’est un défi considérable, a fortiori dans le contexte social et politique difficile que nous connaissons, mais le directeur de Sciences Po a montré plus d’une fois l’ampleur de ses ressources.

Qu’il me permette néanmoins un conseil amical, issu de mon expérience quotidienne chez Manpower : la question de l’orientation, qui était très présente dans l’esprit de Xavier Darcos et de son conseiller Jean-Paul de Gaudemar lorsqu’ils ont entrepris de jeter les bases d’un lycée réformé, doit rester au centre de la réforme à venir. Le constat est bien connu : l’orientation, en France, se fait par l’échec davantage que par choix. L’enseignement général – et, au sein de celui-ci, la filière scientifique – figurent au sommet d’une hiérarchie qui ne se donne même pas vraiment la peine d’être implicite. Or cette hiérarchie, qu’intègrent les élèves et leurs familles, est dévastatrice : elle conduit, me semble-t-il, à la dévalorisation de la filière professionnelle et parfois même de la filière technologique, alors que celles-ci conduisent souvent à des métiers socialement utiles et financièrement attractifs.

Réactions
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  1. gilbert attal

    nous sommes là, je pense devant un déficit de communication.
    des campagnes d’information doivent etre orchestrées par les représentants de ces métiers avec des indicateurs sur les perspectives de s’installer souvent à son compte ainsi que sur les salaires attractifs.
    mais il est vrai aussi qu’en tant que parents,si nous ne sommes pas professionnellemnt dans ce type de filiére, ce ne n’est pas la première orientation qui vient à l’esprit pour nos enfants.

     
     
  2. Marie Agnès Lorandel

    Au constat que vous faites de la logique d’orientation par l’échec je remarque tous les jours des jeunes qui sortent du système scolaire sans rien. ils n’ont aucune qualification de base. Ils sont très loin des débats sur la réforme du lycée.
    et puis je vois régulièrement passés des jeunes qui cherchent des entreprises pour des formations en alternance CAP BEP ou BTS. Il n’est pas rare que ces derniers ne parviennent pas à faire leur formation faute d’avoir trouver une entreprise. N’y a t-il pas des moyens simples d’accompagnement à mettre à dispositon dans les centres de formation? les entreprises ne devraient elles pas être incitées à jouer le jeu de la formation et s’impliquer plus en avant?

     
     

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