Débat du genre

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Quelques billets et commentaires sur ce blog ou ailleurs s’étonnent que figure sur la bannière de ce blog l’accroche «Président de Manpower ».

Il me serait trop facile pour répondre de m’appuyer sur la seule position de l’Académie française qui précise que « seul le genre masculin, qui est le genre non marqué (il a en effet la capacité de représenter les éléments relevant de l’un et de l’autre genre), peut traduire la nature indifférenciée des titres, grades, dignités et fonctions. Les termes chevalière, officière (de tel ordre), députée, sénatrice, etc., ne doivent pas être employés. » On peut effectivement considérer que féminiser les titres (qui sont neutres) tend à instaurer une distinction entre hommes et femmes, ce qui va à l’encontre du but recherché.

Je pourrais aussi m’en référer au très vivant blog des correcteurs du Monde et à son long fil de discussion consacré au cœur même de ce sujet : pour ou contre Madame le président ?

On le constatera à la lecture des commentaires: les avis sont aussi divers qu’argumentés, généralement grammaticaux, souvent historiques, et parfois drôles ! Ils montrent aussi qu’ils ne sont pas liés au genre de leurs auteurs.

Par ailleurs, ayant fait l’essentiel de ma carrière dans des sociétés internationales, où ces questions de force symbolique de genre grammatical n’existent pas, je n’imaginais pas soulever tant d’interrogations, et parfois même de récriminations…

Cependant, il me semble aujourd’hui plus simple et plus normal d’entendre ce que les uns et les autres me disent : je vais donc modifier ce « Président » en « Présidente ».

Et tant pis pour l’Académie !

Et tant mieux pour la cause des femmes, si cela peut y participer !

Réactions
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  1. Attention, la « présidente » n’est-elle point l’épouse du « président »? Auquel cas nombre de vos lecteurs risquent de chercher le blog de votre époux…

     
     
  2. marie agnes

    Eh bien allons y pour la féminisation de l’intitulé de votre fonction! De mon point de vue, ce qui compte c’est moins la forme que le fond. Par les temps qui courent, n’avons nous pas des sujets plus urgents et fondamentaux sur lesquels nous pouvons débattre et échanger ?
    Si, en tant que Présidente et non plus seulement Président Manpower est un créateur de solutions pour l’emploi encore plus efficace…que demander de mieux!

     
     
  3. Le probleme n’est pas tout a fait la ou l’on pense, pour eviter ces derives inutiles et polluantes, un conseil = finir chaque billet par « Quand le sage montre la lune avec le doigt, l’idiot regarde le doigt » Confucius

     
     
  4. gilbert attal

    quoi qu’il arrive le féminin l’emporte toujours sur le masculin, dans tous les domaines et dans tous les genres …

     
     
  5. Pour avoir effectivement été très étonnée par l’intitulé de votre ancienne bannière et en avoir fait un sujet à part sur mon propre blog, je vous avoue être là sincèrement ravie de votre décision ;-)
    Merci.

     
     
  6. Il y aura toujours des mécontents soyez en sûre, mais voici un changement bienvenue et plutôt symbolique. Merci pour « elles ».

     
     
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  8. Opposee a la feminisation a outrance des noms, je fais partie, non pas des mecontents, mais de ceux qui trouvent dommage de ceder face a la pression.

    Je souhaite que vous ayiez procede au changement de nom parce que votre propre avis sur la question a evolue a la lecture des arguments avances, et non pas pour plaire a une frange de l’opinion.

     
     
    • Quand je pense que les hommes ont fini par accorder le droit de vote aux femmes en cédant à la pression des suffragettes et que les femmes ont obtenu le droit d’avorter en signant des pétitions honteuses, je suis comme vous, je trouve qu’ils devraient être plus fermes. Mais ce qui me fait chaud au coeur c’est de voir qu’il y a toujours des femmes pour le leur rappeler…

       
       
  9. Idem… et merci car il ne s’agit pas (loin de là) d’un simple débat de forme…

     
     
  10. Bravo pour cette avancée et merci de montrer l’exemple pour d’autres qui n’oseraient pas assumer ce titre féminisé.

     
     
  11. Je suis navré que cet article attire autant de commentaires sur le même petit sujet, cela ne peut qu’amener de l’eau au moulin de ces petits patrons machos, qui au vue de ces commentaires pourront dire « ah tu vois, les femmes, elles se polarisent sur des futilités, on ne peut pas compter sur elles».

     
     
  12. Karine

    Le problème c’est qu’encore aujourd’hui, si ce ne sont pas les femmes qui s’émeuvent de ces sujets, ce ne sont pas les hommes qui le feront non plus.

     
     
  13. Bravo pour cette décision, cependant je note que si personne n’avait fait preuve de volontarisme sur ces questions, et s’il fallait respecter scrupuleusement la loi sans en dénoncer ses travers, aujourd’hui encore, les femmes n’auraient ni le droit de vote, ni le droit de décider de leur destin professionnel.
    En outre, je ne crois pas qu’il soit juste de ne se référer qu’à l’Académie française alors que par exemple, le guide sur la féminisation des noms édité par la très officielle Documentation Française indique, je cite : « Les dénominations au féminin, déjà en progression constante, reflètent l’évolution de la société. »

     
     
  14. Moi je trouve que tu as fait le bon choix et qu’on aurait vraiment besoin que ce choix soit fait plus souvent pour changer les choses dans le fond… Et je suis sure que petit à petit l’académie française suivra, mais il ne faut pas attendre que le processus vienne d’eux!

    Quand à se dire que la présidente est considérée comme la femme du président… Je me rappelle qu’il n’y a finalement pas si longtemps, quand seuls les garçons pouvaient suivre des études supérieures, le terme « étudiante » ne se référait qu’aux copines de ces étudiants. Je ne vois pas pourquoi le terme « présidente » n’évoluerait pas de la même manière!

     
     
  15. l’Académie … la langue évolue et je ne vois pas pourquoi les femmes seraient tenues à l’écart d’une évolution … Manpower sera peut être un jour Womanpower ;o) je plaisante ! Manpower c’est tout un souvenir pour moi : j’ai été une de vos intérimaires, il y a bien bien longtemps … petite jeune fille perdue sans collier … mais motivée et avec une vitesse de frappe intéressante, j’ai bénéficié de quelques jours de stage chez Manpower, un peu de confiance en soi regagnée sur la vie … ensuite j’ai roulé ma bosse comme on dit ;o) bonne chance dans votre fonction en espérant que le sujet des femmes, de leur vie professionnelle et de leur formation soit toujours présent.

     
     
  16. Claude

    Président ou présidente de Manpower voilà bien une polémique dont on ne saurait douter du genre.

    Monsieur le journaliste, vous qui avez enclenché cette petite polémique, vous conviendrez que quelque soit le sexe du titulaire la fonction demeure identique; il est donc tout à fait logique que son genre soit invariable sinon ne commettrions nous pas une discrimination ?

    Par contre et c’est là que se situe la nuance et que la notion de genre apparaît, Françoise GRI est Madame le Président de Manpower.

    Dommage d’être tombé dans le politiquement correct ambiant qui consiste à féminiser tous les termes comme si cela représentait une avancée pour l’égalité homme/femme alors qu’il s’agit en fait de satisfaire la bonne conscience des plus sexistes…

     
     
  17. AymericPM

    Très bonne idée. Montrer que les titres ne doivent pas être liés au genre de ceux qui les portent (seraient censés les porter), justement en accordant ce genre, n’est pas du politiquement correct, mais de l’intelligence.

    L’autre matin j’écoutais deux enfants, un garçon et une fille. Le premier expliquait à sa soeur ce que faisait un maire dans une commune. « le maire fait ceci cela ; quand je serai grand je serai le maire… ». Dans une petite commune où la maire (*) est une femme, justement. Dans leurs dialogues, il était visible que les deux enfants faisaient l’amalgame entre le genre imposé (par l’Académie), et le genre supposé pour exercer la fonction de maire. La petite fille dit même : « eh bien moi, je ne veux pas être le maire ».

    Ne reproduisons pas les mêmes schémas mentaux à chaque génération. Comme cette infirmière scolaore qui dit à ma fille de trois ans l’autre jour : « toi, tu préfères le rose, hein ? », et encore « non, ne prends pas le livre sur le chantier, c’est pour les garçons, prends celui avec la poupée ».

    (*) certains termes féminisés ne sont pas toujours heureux. Mairesse par exemple… D’autres, comme écrivaine, sont plus poétiques.

     
     
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