Vivre la crise en préparant la reprise

Déplacement hier à Reims: quelques heures passées avec une vingtaine de collaborateurs permanents de Manpower (Directeur de secteur, responsables et assistant(e)s d’agence, conseillers en recrutement…) qui travaillent dans une région dont le volume d’emplois temporaires est en recul de près de 50% par rapport à l’année dernière à la même époque. J’écoute une équipe qui tient fermement la barre – et ses performances récentes, dans un marché sinistré, en témoignent.

C’est la raison principale de ma visite: leur témoigner ma reconnaissance pour le travail mené quotidiennement et mettre en lumière, pour l’ensemble des collaborateurs du groupe, des principes commerciaux et organisationnels nouveaux qui permettent de résister tant bien que mal.

Nous déjeunons ensemble, debout, de façon presque informelle, et la qualité de nos échanges s’en ressent: désinhibés, simples et directs, comme je les aime.

Ce qui me frappe à chaque fois que je vais « sur le terrain« , en agences, c’est cette expertise fine des bassins d’emplois locaux, cette proximité de tous les instants avec nos clients qui souffrent et avec lesquels entretenir un lien fort et pérenne est plus que jamais indispensable, quand bien même notre volume d’affaires avec eux serait-il fortement réduit. Ce que je ressens aussi, c’est l’attachement de chacun à notre maison commune, à ses missions, à ses valeurs. C’est ce qui constitue la force d’une marque: rester fidèle à soi-même par tous temps.

Dans le train, de retour vers Paris, je me sens encore plus « d’attaque« , comme « boostée » par ce que j’ai vu et entendu: un management de proximité, une qualité d’accompagnement et des initiatives commerciales astucieuses qui permettent « de tenir » et de préparer très en amont le temps de la croissance retrouvée. Une reprise dont j’ignore le calendrier mais dont je suis persuadée qu’elle sera vive dans le secteur de l’emploi tant les témoignages des uns et des autres me prouvent que, bien souvent, les entreprises se sont mises « à stock zéro » de façon quasi immédiate…

Les raisons de cet empressement ? Très certainement l’anticipation par beaucoup d’entreprises de grandes difficultés de financement. En amont, la chaîne des fournisseurs a donc été immédiatement impactée, créant un « effet domino » avec les effets induits et ravageurs sur l’emploi que l’on connait. C’est une analyse qui a d’ailleurs fait l’objet d’une très intéressante discussion lors d’un dîner avec de « grands DRH » auquel j’assistais il y a quelques jours, et sur lequel je reviendrai.

Mais je serais dès à présent très intéressée à lire vos commentaires ou expériences à ce sujet.

2 Commentaires »

Commentaires »

  • Corinne

    Bonjour Madame Gri,
    Ne trouvant aucun mail de contact sur votre blog et n’ayant pas de réponse de la part de votre service de presse, je me permets de vous laisser ce message ici.
    Peut-être auriez-vous envie de réagir suite à mon billet et aux commentaires d’internautes qu’il a suscité…
    C’est ici :
    http://www.toutpourelles.fr/index.php?2009/03/30/305-madame-le-president-de-manpower-france
    Cordialement

  • michel périssat

    Bonjour « chef »….
    Quel titre qui sonne mal : Vivre la crise en préparant la reprise.
    Nous sommes des millions a ne pas attendre une reprise, du moins telle que les économistes, ultralibéralistes, hommes politiques au pouvoir la voient.
    Nous ne voulons plus de cette soi disant euphorie des marchés, de gens qui spéculent sur du vide, de l’argent virtuel.
    Un rejet du capitalisme ? certainement sous cette forme connue depuis plusieurs décennies, et qui a peut être créé des richesses, mais surtout élargie les différences entre les humains.
    Mais la raison principal que nous ne voulons pas de reprise, c’est que le petit cailloux qui s’appelle Terre sur lequel nous vivons « tous », a des ressources finies, et qu’il n’est plus possible de continuer au rythme insensé des 30 dernières années.
    Alors l’intérim a encore de beaux jours devant lui, je suis intérimaire à Manpower depuis 1978 !!, car il va falloir s’adapter de nouvelles sociétés, de nouveaux modes de vies, et bouger, changer de métiers, s’adapter en somme, sinon le rappel à tant pis pour lui.
    A bientôt.
    michel

Ajouter un commentaire