Réapprendre la curiosité..

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Dans son éloge de la curiosité, Erik Orsenna rappelle que le mot curiosité vient du latin curare, qui signifie ‘prendre soin’. Etre curieux, c’est donc prendre soin de soi, des autres, de son environnement.

Etre curieux, c’est se poser ou poser des questions…

Les enfants jeunes, qui ont tout à apprendre, passent leur temps à poser des questions . Celles ci représentent, dit-on, 75 à 80% de leurs phrases. Pour les adultes, cette proportion passe à 15 – 20% maximum!

Que s’est il passé entre temps qui explique ce phénomène? Eh bien, les enfants sont allés à l’école et ont appris à donner les bonnes réponses. Les limites de leur ignorance se sont éloignées – à leurs yeux- , et avec elles le besoin vital d’apprendre.
Leur savoir a enfermé leur curiosité.

Pour l’entreprise c’est la même chose.

Dans les années 80-90, on découvrait et élaborait les méthodes de management modernes.
C’est l’époque où on l’on enseignait les méthodes de vente basées sur le questionnement du besoin et l’écoute du client. C’est l’époque aussi où les entreprises occidentales se sont emparées des méthodes d’amélioration continue de la qualité et qu’est apparue la méthode des 5 ‘pourquoi?’ C’est enfin le moment, où a commencé à se répandre la pratique de l’écoute des collaborateurs au travers des enquêtes de climat dans l’entreprise.
A la base de toutes ces pratiques managériales modernes, il y avait du questionnement.

Puis est venu le temps où l’on s’est dit que l’on avait assez de réponses pour créer des processus qui allaient permettre de tout gérer dans l’entreprise et que le monde était si complexe qu’il fallait absolument encadrer la façon de travailler dans l’entreprise.
On a donc essayé de tout anticiper et on a mis en ‘boîte’ ce mode de fonctionnement idéal dans les systèmes d’information et les ERP. Plus besoin de se poser de question, le processus est la réponse, et c’était tellement satisfaisant intellectuellement, que l’on a ignoré les écarts entre le schéma programmé et la réalité du quotidien

Cette démarche de rationalisation a permis des gains de productivité énormes.. au détriment de la motivation des salariés. Et en figeant le ‘savoir faire’ de l’entreprise, on a limité sa capacité à faire autrement, on a bridé l’initiative individuelle et collective, on entravé sa capacité d’innovation opérationnelle.

Aujourd’hui, face au tsunami de changements générés par une innovation dopée par des capacités de financement inégalées, les entreprises sont face à la nécessité impérative de réapprendre à apprendre.

Apprendre des façons de faire nouvelles, vraiment nouvelles.
Redonner de l’autonomie pour chercher à faire mieux pour le client.
Apprendre en cherchant et en faisant, parce que demain n’est pas écrit dans les livres.
Apprendre en collaborant parce que l’on est plus intelligents à plusieurs.
Apprendre à grande échelle et vite, en même temps, parce que la vitesse des plus lents s’impose à tous.

Redevenir curieux pour prendre soin de son avenir.

Et donc réapprendre à poser et se poser des questions!

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