Transformation digitale: finie la théorie !

19
03
1

La prise de conscience de la profondeur de la transformation ‘digitale’ s’est accompagnée jusqu’à ces derniers mois d’un discours, dont je dirais qu’il était celui d’observateurs intelligents mais non impliqués.
Tous, nous nous sommes émerveillés des succès et des valorisations faramineuses des stars de la Silicon Valley et inquiétés des compétences techniques trop peu nombreuses qui allaient nous priver des nouvelles opportunités de croissance. Nous avons aussi, beaucoup cité Schumpeter et la disruption créative.. je ne résiste d’ailleurs pas à vous inviter à lire ce brillant billet de de Nicolas Colin sur la transition numérique des filières
Bref, en débattant nous nous sommes convaincus que les changements étaient là, mais nous les avons conservés dans une bulle encore lointaine et théorique.
Ce sont les nouveaux entrants du monde du tourisme et du transport, les Uber et AirBnb de ce monde en pleine transformation, qui ont permis de réaliser ce qu’était la partie ‘destruction’ de toute cette innovation, de mesurer les investissements nécessaires pour rester dans la partie, ainsi que l’avance prise par les désormais fameux GAFA, auxquels on peut ajouter le Groupe PriceLine dans le monde du voyage.
Dans ses prédictions 2014, GartnerGroup avançait que ce sont 20% des entreprises leaders de leurs marchés aujourd’hui qui, avant 2017, devront faire face à la concurrence disruptive d’un nouvel acteur du digital, né après 2000 ! J’aime bien aussi l’analogie faite avec l’impact de l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, qui nous dit que c’est bien tout qui change, ou va changer, les technologies n’étant que le levier permettant des innovations d’usage, le développement de l’économie du partage, les nouveaux modèles d’organisation du travail et l’apparition de nouveaux business modèles autour de l’usage des données crées.
Nous comprenons tous par conséquent maintenant, qu’il y a urgence à se mettre au travail, et à poser les premières étapes de ce grand changement.Au passage, nous mesurons que le ‘marketing digital’ réduit à une communication interactive sur les réseaux sociaux, les premiers usages du Cloud, la commercialisation des premiers objets connectés, ou l’open innovation pratiquée à la marge avec quelques start-up’s, n’étaient qu’échauffement, très utile certes, mais échauffement quand même. Et ce sont bien, tous les processus de l’entreprise, sa culture, sa relation avec ses clients, son business modèle qui vont devoir être adaptés à cette nouvelle donne.

Sur le chemin de cette grande transformation, nous allons trouver dans l’entreprise les classiques cerbères et cassandres: la résistance au changement et notamment celle des manageurs : _ 43% d’entre eux voient le changement comme un risque plutôt que comme une opportunité (étude HBR 2014)_ , le fonctionnement en silos, la nécessité de faire évoluer les systèmes d’information existants, la difficulté à décider des priorités d’investissements entre soutenir le ‘vieux’ et faire émerger le ‘neuf’, sans compter la peur d’utiliser les nouvelles technologies chez plus de bien plus de collaborateurs qu’on ne l’imagine.

La ‘bonne’ nouvelle, si on veut la voir ainsi, est que les gagnants de la première vague de l’adoption d’Internet, celle de l’e-commerce et de la désintermédiation, ne seront pas dispensés d’efforts. Il va leur falloir intégrer les usages du mobile, faire eux aussi le re-engeniering de leurs multiples systèmes d’information, s’adapter aux règles mouvantes des GAFA dont ils dépendent plus que tout le monde. Il va leur falloir apprendre aussi à maîtriser les savoirs faire du monde physique puisque les voilà ouvrant des boutiques et s’attaquant au monde du service avec des collaborateurs ou partenaires en chair et en os. C’est encore le Gartner nous dit que 70% de ces nouveaux acteurs du digital auront disparu d’ici 2020 car n’ayant pas su faire évoluer leurs business modèles…

On pourrait presque en conclure que rien ne change en matière de leadership et qu’il ne s’agira que d’une transformation supplémentaire, violente certes, mais à traiter avec les mêmes méthodes que les précédentes..
Intellectuellement confortable.. Ce serait à mon avis bien dangereux !

Mots-clés :
Réactions
1
  1. Tout a fait en phase avec cet article qui confirme entièrement mes convictions et le discours que je tiens à mes clients, je vous laisse d’ailleurs découvrir mon derAgency en complet accord avec vous, les processus à ajuster, l’innovation et casser les résistances aux changements sont vitales. merci

     
     

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>