Inculture digitale

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L’océan de médiocrité dans lequel nous plonge la rentrée nous laisse sans voix…

Enfin…  pas tous.

Les commentaires de l’actualité, qu’elle soit économique, politique, ou « littéraire » vont bon train, révélateurs de comportements peut être plus inquiétants encore que l’actualité elle-même (si cela est possible !).

Il y a eu d’abord « le machin à la pomme » de notre ministre des Finances.

Et tous les journaux, de titrer que nous avions un ministre « anti geek » parce qu’il n’aime ni les Selfies,  ni Twitter. Qu’un ministre de la France trouve spirituel d’ignorer le nom de la plus grosse capitalisation boursière du monde et d’afficher un usage de son téléphone du siècle dernier m’a personnellement consternée. Comment un homme politique avec de telles responsabilités, peut-il afficher la déconnexion volontaire du monde dans lequel vivent tous ses contemporains ?

Il y a eu ensuite dimanche dernier un mini épisode Twitter. Je tombe par hasard sur le tweet sexiste d’un conseiller municipal de Neuilly commentant la nomination de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l’éducation nationale. Relayant une photo de la ministre portant une jupe courte, il sous-entend la promotion canapé, argument dont je pensais (naïvement) que si certains pouvaient encore le penser, on évitait dorénavant de l’exprimer publiquement.

Je retweete donc, en le traitant de nul… Quelques retweets plus tard le tweet imbécile disparaît. Sauf que… le Web a de la mémoire et que la trace du tweet enregistrée a été retweetée plus de fois que le tweet initial.

Si nous l’avions voulu, on aurait pu lui faire une vraie e-réputation à ce conseiller municipal !

L’épisode me semble révélateur… les réseaux sociaux c’est la transparence. Vouloir utiliser leur puissance médiatique et ne pas assumer ensuite, c’est de la bêtise qui se retourne fatalement contre vous.

Il y a eu enfin une de ces interviews de la semaine dernière sur le livre de Valérie Trierweiler qui fait venir au micro  un homme politique qui dit qu’il ne veut pas en parler mais  en parle quand même.

Et de s’insurger qu’il n’y ait plus de vie privée pour les hommes politiques. En gros : mentir n’est plus possible, et si l’on peut essayer d’être complice avec quelques journalistes du microcosme français, on est rattrapé par les réseaux sociaux et leur efficacité mondiale. De surcroît, le cloud d’Apple a été hacké et donc des données privées peuvent se retrouver sur Internet !

Et notre député de s’inquiéter : dans quel monde nos jeunes vont-ils vivre ?

Mais dans quel monde vit aujourd’hui le monde politique français ?

Le point commun que je vois à ces 3 anecdotes, c’est sa déconnexion et son ignorance de la transformation digitale en cours, alors que cela fait 6 ans que l’élection du Président Obama démontrait sa maîtrise de l’usage des réseaux sociaux.

Incompréhension de la profondeur des changements en cours, incompréhension de l’exigence qu’elle entraîne sur les comportements, incompréhension des enjeux réels de la gestion des données privées…

Et forcément aussi, incompréhension des impacts sur nos économies.

Quand on pense que ce sont eux qui font les lois…

 

Réactions
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  1. MERCI, merci Françoise d’avoir écrit tout haut la vérité. Beaucoup de « vieux » qui se croient supérieurs essayent de rabaisser ceux qui évoluent avec leur temps (c’est comme les machos qui extériorisent leur complexe d’infériorité en se moquant ). Je suis à Los Angeles en ce moment (pour info le champion du monde des développeurs est Français et vit en Californie). Je ne sais quoi dire quand on me demande ce que nous français attendons pour re-AGIR, comme je ne réponds pas immédiatement, on me demande pourquoi je ne reste pas en Californie. En effet on croise de plus en plus de français à l’étranger qui sont « open minded » et qui ont le virus de la création. Au fait le nombre de femmes, qui créent des entreprises, au niveau mondial vient de dépasser celui des hommes.

     
     
  2. Tim Stevens

    Merci, Françoise, de cette indignation si juste, si bien exprimée et, j’en suis sur, partagée par tant de Français ouverts sur les réalités du monde contemporain et les opportunités qu’il offre à la France et qui sont effondrés par l’ignorancé, la complaisance et la myopie de nos hommes politiques actuels.

     
     
    • GRI

      Merci du feedback Tim et trés heureuse de ce contact!

       
       
  3.  
     
  4. Marie Christine Ménard-Chevalier

    Ah, ça fait du bien de lire votre indignation face à la « médiocrité » de cette rentrée !
    Ca donne de l’énergie de toucher à cette indignation là : merci de garder intacte votre confiance dans les valeurs qui fondent notre démocratie.

    Marie-Christine

     
     
  5. Votre post est tout à fait en ligne avec ce que pensent de nombreux citoyens, jeunes ou vieux, dans leur immense majorité en ligne avec leur époque, (mails, réseaux sociaux, blogs…) sur internet et/ou sur leur smartphone.
    Ce qui choque, c’est cette propension du monde politique à voir les réseaux sociaux, et de façon plus large le web, exclusivement comme une menace, et non comme une opportunité… Et ça, parce qu’ils ne maitrisent pas ces outils qu’on peut tout à fait appréhender et parfaitement maîtriser sans aucune étude supérieure…
    Il faut le dire, le digital est une chance, et ce quel que soit son âge…
    YML (hyper-connecté quasi-cinquantenaire…)

     
     
    • Je rencontre de plus en plus de Français à San Francisco et Los Angeles, ce sont ceux qui osent parce que ils sont « open minded », une amie Française qui est installée à New York depuis une vingtaine d’année me dit qu’elle rencontre aussi de plus en plus de Français et souvent ceux-ci comme en Californie y viennent pour créer et ça marche bien, ce sont des jeunes mais aussi des moins jeunes qui ne cherchent absolument pas d’aide de la part du gouvernement
      Cela ne me désole absolument pas, ils sont tous très heureux de vivre et puis l’avenir appartient à ceux qui osent, n’est ce pas?
      « If you don’t dare, you will go nowhere »

       
       
  6. Paul Dévieux

    N’est ce pas un peu facile de toujours s’en prendre aux politiques ? Nos politiques doivent-ils être au garde à vous et être branchés à Twitter 24h/24 ? Il me semble pourtant que bon nombre d’entre eux (ou elles) y passent beaucoup de temps. Sont-ils meilleurs pour autant ou comprennent-ils mieux le monde d’aujourd’hui ? Et vous, pensez-vous réellement utile de retweeter les commentaires élogieux de vos admirateurs ? Le fait que beaucoup de personnes partagent votre opinion probablement rédigée à la hâte avant une journée de travail vous conforte t’il dans l’idée que vous avez raison ? Je vous laisse méditer cette phrase de Raphaël Enthoven (vous connaissez ?) :  » L’indignation est un art de ramper la tête haute, qui a besoin de cause comme la charité a besoin de pauvres: son propos n’est pas de changer le monde, mais d’y trouver l’occasion de s’en plaindre. »Respectueusement…

     
     
    • Françoise Gri

      Merci de votre commentaire. Mon objectif était d’exprimer mon indignation devant des comportements qui me choquent. Je pense que comprendre les évolutions du monde dans lequel on vit est un devoir pour les responsables politiques comme ceux des entreprises. Quant à la transparence sur ses comportements et ses propos cela me parait une exigence évidente de toujours et encore plus d’aujourd’hui. Quant à mes retweets des commentaires de ceux qui partagent mon avis, il ne s’agit que d’un signe amical ‘d’accusé réception’, mon âge et mon expérience me protègent bien heureusement de la recherche d’une telle toute petite vanité.

       
       
  7. ALB

    Bonjour,
    Je découvre votre site au hasard des pages et liens que je parcoure trop rapidement, comme à l’habitude. Pourtant cette fois, je prends le temps. Si j’adhère globalement à votre propos, j’y mets aussi quelques nuances.
    Sur notre ministre des finances, certes, il est maladroit de la part d’un personnage public de montrer un tel mépris pour l’innovation en matière de communication. Mais je pense que cela reflète une réaction. Réaction d’une génération, mais pas seulement, réaction d’une partie de la population qui ne saisit pas l’intérêt du tout-communication, du tout informatique. Je suis trentenaire. Et me suis arrêtée à Facebook. Twitter et autres Google+ me semblent plus obscurs, moins évidents dans l’utilisation comme dans l’utilité. Mais c’est sans doute par ignorance, je le dis sans fard et sans honte.
    Reflet d’une réaction d’une partie de la population, donc, qui se sent mise au rebut sans doute, exclue, car elle ne trouve pas d’intérêt supérieur à la communication virtuelle par rapport au réel. Cela me semble assez compréhensible. Et cela génère une sorte de lassitude, voire d’exaspération, qui se traduit par cette sortie inappropriée.
    Et j’y vois aussi des médias qui relaient sans cesse et sans recul aucun la « tare » qu’est devenue la non-maîtrise de ce que sont et comment fonctionnent les réseaux sociaux. Qui contribuent donc à en faire une tare.
    Sur le tweet sexiste, j’abonde évidemment dans votre sens, un tel discours est effrayant, surtout lorsqu’il est ensuite justifié sous couvert d’humour… Les réseaux sociaux sont la transparence. Soit. Mais ils sont aussi un terrain d’expression qui reflètent les mentalités. Le fait de ne plus penser à tenir publiquement de tels propos ne signifie effectivement pas que l’on n’y adhère plus. Et ce serait là le vrai progrès. A mon sens , cet aspect révélateur est un mal nécessaire.
    Sur l’affaire Trierweiler et son relais, il ne s’agit pas de ne plus pouvoir mentir. Les gens mentent. C’est un fait. Et ça ne s’arrêtera a priori qu’avec l’extinction de l’espèce. Il ne s’agit pas de cela, en tout cas pour moi, mais de protection de la vie privée. Qu’un homme politique mente à sa femme, à ses enfants, à ses amis, très sincèrement, peu me chaut. Cela n’implique pas qu’il soit mauvais gestionnaire ou qu’il n’ait pas de vision pour son pays.
    Peut-être ai-je mal interprété vos propos. Si c’est le cas vous m’en voyez navrée.
    Bonne journée à vous.

     
     

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