Affaires Etrangères…Finie la cueillette ?

05
05
2

A de nombreuses reprises sur ce blog, je me suis insurgée contre l’état d’esprit de nos politiques qui, de droite comme de gauche, ont toujours considéré l’économie française à l’aune de ses m2 d’usine, ses kilomètres de ligne de production et ses kilos de matière première. Pour compter, il faut peser. Pour peser, il faut des produits et des producteurs. Le tourisme, c’est du service, donc ça ne pèse rien, donc ça ne compte pas.

D’ailleurs, le tourisme en France, ça marche tout seul. C’est une économie de cueillette, il suffit d’une histoire, un patrimoine, quelques beaux musées et des hôtels pour que les touristes affluent et s’émerveillent éternellement.

Ce raisonnement est faux, on le sait bien. Les professionnels du tourisme le disent et le répètent depuis toujours, chiffres à l’appui : le tourisme est une véritable filière industrielle..

Dès lors, les premières actions de Fleur Pellerin et de son ministre de tutelle Laurent Fabius ont particulièrement retenu mon attention… Y aurait-il finalement un espoir que ceci soit compris?

Dès les premiers jours du nouveau gouvernement, notre ministre de tutelle a enchaîné coup sur coup trois actions : une déclaration favorable à l’extension des zones touristiques d’ouverture des magasins le dimanche à Paris, une rencontre avec les professionnels du tourisme, une visite de deux heures à Roissy pour accueillir des touristes chinois et faire un audit qualité médiatique des conditions d’accueil des pourvoyeurs de devises étrangères.

Aujourd’hui, les Français ne représentent qu’une faible part des clients des Galeries Lafayette. On comprend que l’ouverture des grands magasins du boulevard Haussmann le dimanche soit cruciale. La nouvelle maire de Paris semble plus ouverte sur ce sujet que son prédécesseur. Les choses pourraient donc changer…

Deuxième acte du ministre des Affaires Etrangères de la France : sa rencontre avec certains acteurs de la filière tourisme française démontre son intérêt pour le secteur et sa volonté d’en faire une priorité . «Le tourisme est une mine d’or. C’est un secteur absolument central en France. C’est une vraie filière industrielle où il y a des marges de progression ». L’enjeu est dit clairement…

Troisième temps fort : la visite de Roissy à 6 h du matin lundi dernier. Certains médias ont moqué cette visite sur le thème «Fabius joue les hôtesses à Roissy». Beau raccourci : un métier de femme + un métier de service = une chose nécessairement pas sérieuse. Hôtesse, c’est un vrai métier, essentiel à la qualité de «l’expérience client», notamment le premier jour et les premières minutes, celles qui ne sont pas les plus agréables. Après une dizaine d’heures de route ou de vol, nos clients ont besoin d’un accueil agréable… et très professionnel. Dans les aéroports français ou les résidences Pierre & Vacances, c’est pareil. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on a tous des progrès à faire dans ce domaine. Augustin de Romanet, le PDG d’Aéroports de Paris qui accompagnait le ministre, le reconnait lui-même volontiers. Etre concret, sur le terrain, c’est aussi envoyer un message..

Laurent Fabius, dont les plus anciens d’entre nous se souviennent des exploits au jeu « la tête et les jambes » s’empare du sujet du Tourisme de la bonne façon. Les chiffres sont clairs. Le tourisme, c’est 7 % des emplois en France. La France accueille 25 % de touristes de plus que l’Espagne pour 25 % moins de recettes. Il y a donc un problème. Les touristes Chinois dépensent 1600 euros par séjour. En faisant passer leur nombre de 1,2 à 5 millions, «on pourrait résorber 10 % de de notre déficit du commerce extérieur». La France a reçu 83 millions de touristes en 2013 et doit pouvoir en absorber «100 millions, 120 millions, 150 millions».

Quant aux actes.. il n’y a pas de petits gestes dans une économie de service !

20/20 donc pour votre lancement Monsieur le Ministre.

Réactions
2
  1. stockil

    En effet, l’analyse est juste… autant de potentiel et si peu de résultats… merci aux touristes étrangers de savoir regarder là où nous sommes aveugles.
    Les français ont des idées et l’envie de progresser, pour la plupart, il nous faut juste un(e) chef de ligne pour nous redonner confiance en nous-mêmes.

     
     
  2.  
     

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>