Femmes en technologie

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C’est le 8 mars. Comme une étape.

Je relis ce que j’écrivais il y a deux ans, sur ce sujet. L’avantage de bloguer depuis plusieurs années, c’est qu’on peut suivre l’évolution d’un sujet, tant dans sa perception propre que dans celle d’une époque.

Ce que j’y disais est évidemment toujours vrai : le sujet de la place des femmes en entreprises n’est pas qu’un sujet de place, d’égalité, de quotas. C’est un sujet d’orientation des entreprises vers l’avenir, un sujet de compétitivité, un sujet de modèles sociaux.

Deux ans après j’ai la perception d’un progrès, d’une difficulté, et d’une nouvelle frontière.

Un progrès sensible : nous sommes là.

Le constat est simple : il y a quelques années, quand j’intervenais dans une conférence, comme dirigeante, j’étais la femme iconoclaste dans une assemblée d’hommes. C’était particulièrement vrai sur des sujets numériques. Cela change ! Je vois aujourd’hui des femmes dirigeantes à parité dans des tables rondes, surtout dans le tourisme et le numérique.

Deuxième perception : je suis entourée de femmes, sur twitter. C’est incroyable de voir combien les femmes en entreprises ont su s’emparer de cet espace, sans doute plus que les hommes. Il se passe quelque chose entre nous, femmes actives dans nos entreprises et dans les réseaux. Ce n’est pas anodin.

Nous sommes là. C’est sensible et naturel. Cela s’impose dans des secteurs de manière visible. Les femmes à la tête de start-ups et d’entreprises numériques ne font plus peur, ne paraissent plus étrangères ou originales.

Une difficulté.

Ne nous voilons cependant pas la face : dans nombre de secteurs, la situation ne change pas. Le modèle reste le même. Je ne peux m’empêcher de me faire la réflexion que ce sont les modèles qui n’ont pas été impactés par le vent de changement numérique, les profondes remises en causes et les nouvelles qualités qu’il faut y développer.

Dans l’industrie, l’énergie et dans une moindre mesure la finance, le modèle masculin demeure dominant et on peut se demander comment ils vont pouvoir aborder les défis qui sont les leurs dans cette homogénéité.

Une nouvelle frontière.

Alors que je trouvais il y a quelques années qu’ on ne savait pas parler de technologie aux filles, il me semble qu’un mouvement est en train de se créer qui leur fait s’approprier ce terrain. Je pense à ces initiatives, de girls in tech, à ces projets de formation au code de jeunes femmes qui sont exclues du système scolaire. Il se passe quelque chose de nouveau, au niveau mondial. Apprendre le code, développer des compétences dans la technologie est perçu, de plus en plus, comme une vraie chance d’émancipation.

Et ces projets nous rappellent que si le sujet reste le plafond de verre et la part de dirigeantes dans les comités de direction, l’enjeu fondamental reste l’émancipation par le travail et ‘l’empowerment‘ des femmes par leurs compétences. Avec une conviction : on n’inventera pas une bonne technologie pour demain avec des développeurs hommes uniquement.

Le monde de la technologie a cela de joyeux qu’il est résolument tourné vers l’avenir, que les femmes y prennent une part de plus en plus active. C’est une chance pour elles et pour tous.

Réactions
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  1. MARQUET Jackie

    Excellent votre constat sur les femmes vers l’entreprise.
    Je constate la même chose avec les classe de BTS CI que j’essaie orientée vers l’entreprise. Les étudiants sont bien préparés pour le BTS mais pas grand chose pour après l’examen. Je souhaite que dans le groupe de travail dont vous faite parti, il faudrait recommander d’introduire un cours d’une heure sur ce sujet. Très cordialement.

     
     
  2. Hi Françoise,
    merci de l’écrire, de le dire et le redire, tu es si bien placée pour le faire.
    Pourquoi ne suggères tu pas à Najat Vallaud-Belkacem, toi qui peut l’approcher facilement, de faire en sorte que les chefs d’établissement des Lycées fassent passer le message à toutes leurs étudiantes de première et de terminal.
    Sheryl Sandberg dit et redit aussi que les plus belles opportunités de business pour les femmes sont pour celles qui suivent les filières scientifiques/ingénieurs. Les étudiantes qui sont dans ces filières aux US ont déjà des propositions avant la fin de leurs études.
    amitié
    Gérard

     
     
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  5. Tina Brown, founder of Women in the World, said: « …Secretary Clinton and Madame Lagarde are the leading examples of women breaking gender barriers with every move they make. »
    — Je pense que ce sont deux candidates crédibles aux prochaines présidentielles, chacune dans son pays.
    http://www.thedailybeast.com/witw/articles/2014/03/10/hillary-clinton-christine-lagarde-team-up-at-women-in-the-world-summit.html?utm_medium=email&utm_source=newsletter&utm_campaign=women_in_the_world_cheatsheet&cid=newsletter%3Bemail%3Bwomen_in_the_world_cheatsheet&utm_term=Cheat%20Sheet%20-%20Women%20In%20The%20World

     
     
  6. Il y a aussi ces femmes d’exception qui ont remporté le prix L’Oréal-Unesco pour les Femmes et la Science (2014 = 16ième année)
    Renforcer le rôle des femmes dans la science et montrer au grand public les progrès accomplis par la connaissance scientifique grâce à leurs travaux, permettra assurément de susciter parmi les jeunes femmes des vocations scientifiques plus nombreuses.

     
     

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