Web2Business 2014 : mes take away

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Le 9 janvier dernier, lors de l’événement Web2Business 2014, je participais à la table ronde d’ouverture qui posait la question : comment réussir son virage digital ?

Après quelques semaines, seules restent d’un tel événement les vraies idées, celles qui interpellent et méritent d’être creusées. Cette question de la mutation numérique est à la fois neuve pour tous, universelle, puisque tout le monde y est confronté, mais unique pour chaque secteur et chaque organisation.

J’ai retenu trois points de notre discussion.

Apprendre à muer !

J’ai beaucoup aimé la notion imagée et très dérangeante de Marie-Laure Sauty de Chalon, d’aufeminin.com, d’« économie du serpent », c’est à dire l’idée que la transformation numérique n’est pas un virage, mais une mue permanente : comme les reptiles, il faut apprendre à changer de peau dès qu’on en a une nouvelle. Se transformer complètement et souvent, voilà pour une entreprise un challenge bien différent des défis que posent les transformations habituellement décrites dans la littérature sur le management.

Cette nécessité de mutation permanente n’est pas plus facile pour des start-ups agiles que pour des organisations plus anciennes. Olivier Mathiot, de Priceminister, l’explique bien, en montrant combien ils sont en risque de rater le virage du mobile. A aucun moment dans l’histoire économique récente, nous n’avons subi une telle pression à se remettre en cause de manière permanente. La cause en est cette combinaison unique du risque de désintermédiation rapide et de l’évolution non moins rapide des usages du consommateur.

La bonne nouvelle est que les exemples sont nombreux de grands groupes qui savent se réinventer et créer de nouvelles marques et activités qui intègrent pleinement la nouvelle donne digitale.

Accompagner le mouvement

Etre bizarre. Ce mot est revenu plusieurs fois dans la conversation. On le sait la mutation vient du marginal, des iconoclastes, et il faut l’autoriser. Pour le groupe Pierre & Vacances Center Parcs, qui est né de propositions hyper innovantes dans leur époque, il nous faut réapprendre cette aptitude à contourner les obstacles, à remettre en cause les logiques acquises pour innover à nouveau.

Mais être bizarre ne suffit pas. Et si les start-ups valorisent beaucoup la radicalité, les groupes anciens aux effectifs plus importants savent le risque des ruptures d’emploi à grande échelle et leur coût.

Le sujet, c’est donc l’adaptation rapide. Comment aider des organisations à suivre les changements de technologie et d’usage au rythme intensif avec lequel ils s’imposent à tous ?

Tout le monde cherche aujourd’hui les réponses à cette question. La formation est évidemment clé, à condition qu’on sache la réinventer. Il faut aussi repérer, entretenir, renouveler les compétences critiques, celles qui font la différence pour l’activité. Mais à la fin il s’agit de la culture de l’entreprise. Pour pouvoir bouger au rythme du monde, de son marché, il faut que tous les collaborateurs vivent et participent pleinement à ce monde connecté, ouvert… bref qu’ils fassent comme les clients! Ce mode d’interaction doit être intégré au quotidien de l’entreprise. Si nous tweetons autant, chez Pierre & vacances Center Parcs, c’est aussi pour cela.

Nous plantons ainsi les graines d’un changement managérial profond. C’est un nouveau mode de leadership : de l’apprentissage, et de la collaboration, comme le dit bien Dan Pontrefact. Dans ce nouvel apprentissage, il y a un vrai plaisir à retrouver du sens, de la connexion, de l’engagement. L’enjeu du changement digital, dans une organisation, c’est aussi de le rendre heureux. On ne sait pas exactement ce que sera cette nouvelle culture, mais on en touche les germes, quand on la pratique quotidiennement.

Leadership sans cap

Le leadership d’hier, c’était fixer un cap et le tenir. Aujourd’hui c’est tenir une trajectoire, mais sans point fixe, c’est être agile en restant focalisé sur la performance. C’est faire en sorte que toute l’organisation ait l’obsession du client…

Plus facile à dire qu’à faire ! le doute est permanent, mais c’est ô combien important, et passionnant.

Et la passion, c’est bien ce qui fait les révolutions… y compris digitales.

Réactions
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  1. Très intéressant ce Keynote, sur le virage digital.
    – Marie-Laure Sauty de Chalon, dit que pour elle « ce n’est pas un virage mais une route de montagne » qui illustre très bien notre période pour ceux qui savent se préparer à négocier le virage suivant.
    PS: J’espère que des « grands décideurs » ont écouté mais surtout intégré ton interview sur BFM Business et compris tes avertissements aux Français, « ON NE TIRE PAS PARTI DE NOTRE POTENTIEL TOURISTIQUE »

     
     

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