L’innovation, c’est l’hybridation

23
10
3

On parle beaucoup d’innovation ces jours-ci. On en oublie souvent le sens, l’origine.

Nicolas Colin, par exemple, dans un billet qui a beaucoup circulé, a une définition très radicale de l’innovation, qui ne prendrait qu’une seule forme. Je crois au contraire que l’innovation est multiple. En botanique, l’innovation, c’est le développement d’un bourgeon au bout d’une tige. L’innovation, à mon sens, c’est le croisement entre les univers, les talents, les façons de penser. C’est l’hybridation.

Trois actualités ouvrent la voie.

Marc Pritchard, global brand building officer de Procter & Gamble a affirmé récemment : « le marketing digital est mort, vive le brand building ». Selon lui, il faut en finir avec la vision d’un service marketing spécialisé dans le maniement de nouveaux outils de communication (type QR codes), travaillant à côté des équipes chargées du marketing traditionnel. Il faut plutôt lancer une stratégie globale de construction de la marque, qui commence dans le digital, y tirant sa valeur et même son business model, et trouve ensuite son chemin vers les autres canaux marketing. C’est le choix que nous faisons pour Pierre et Vacances Center Parcs, avec un directeur du marketing stratégique chargé de mettre en place une interaction digitale continue entre nos clients et nos marques et construire ainsi une relation forte dans le temps.

Autre exemple d’hybridation, cette fois-ci des talents : la tendance qu’ont les responsables de grandes marques à faire entrer des designers dans leur cercle de décision. Fast Company consacre au sujet un intéressant portfolio. On y apprend que grâce à la proximité entre Howard Schultz, Président de Starbucks, et Arthur Rubinfeld, son chief creative officer, l’enseigne a pu perfectionner son positionnement de tiers-lieu. Ainsi, les tables des boutiques de la chaîne sont devenues rondes pour séduire les travailleurs nomades, les clients venus en solo se sentant plus seuls sur des tables carrées. Brian Walker, le CEO d’Hemann Miller, explique qu’il s’appuie sur son directeur de création pour « résoudre par le design et l’innovation des problèmes que les unités commerciales n’ont même pas encore remarqués ».

Troisième exemple, dans le secteur du tourisme : on apprenait il y a quelques semaines le recrutement par Airbnb de Chip Conley, fondateur de la chaîne hôtelière Joie De Vivre, au poste de « responsable de l’hospitalité ». Celui-ci supervisera à Dublin un Hospitality Innovation Lab destiné à tester de nouveaux services en Europe, mais aussi à transmettre aux utilisateurs du site les rudiments de l’étiquette d’aubergiste et des notions de service client, grâce à un programme d’entraînement par webconférences. Et on voit là converger un service né sur le web, fondé sur le partage entre particuliers et celui des spécialistes de l’hébergement « traditionnel », qui lui s’approprie rapidement les pratiques du monde digital.

La transformation en cours, c’est aussi cette frontière entre digital et réel qui s’estompe.

Réactions
3
  1.  
     
    • Francoise Gi

      Merci Gerard.. 10 eme edition, on se sent veteran mais j’avoue que cette petite dernière était importante pour moi

       
       
  2. Pour ma part je pense qu’il faut savoir s’adapter à ses cibles avant de se lancer dans l’innovation. Ce principe est surtout vrai quand on veut exporter et qu’il faut savoir transformer ses suspects en prospects et ses prospects en clients.

     
     

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>