Une question de curiosité

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J’ai participé récemment à deux événements consacrés à l’usage des réseaux sociaux par les responsables économiques : le premier à l’initiative de l’institut G9+, dans le cadre d’un cycle Femmes et TIC ; le second organisé par l’association MediaAces. L’occasion de témoigner de ma pratique personnelle du web social et du rôle que je lui assigne dans la vie de l’entreprise.

J’ai été frappée par les préventions qui entouraient encore ces sujets, qu’elles viennent de patrons rétifs à l’usage de Twitter par crainte de perdre le contrôle sur leur image, ou de membres de l’assistance soulignant les risques qu’on encourt en stimulant la prise de parole des salariés.

Si je devais donner un conseil à ceux qui partagent ces préventions, il tiendrait en deux mots : soyez curieux.

Il y a maintenant deux ans que j’ai fait mes premiers pas sur Twitter. Je voyais alors mon compte comme une manière d’amplifier la voix de ce blog. Et, de fait, comme une caisse de résonance pour la communication corporate de ManPower Group, dont j’étais alors Présidente pour l’Europe du Sud.

Mais j’ai vite été séduite par un autre aspect de Twitter : la formidable ouverture sur le monde qu’elle offre à ses utilisateurs. Mon activité m’a permis d’identifier des ressources précieuses, rapidement devenues indispensables à ma réflexion, hier sur les questions d’emploi, aujourd’hui sur les enjeux du tourisme. Le hasard de mes pérégrinations numériques m’a également fait découvrir toute une communauté qui défend la mixité chez les femmes.

Quand j’ai pris mes fonctions à la direction générale de Pierre & Vacances Center Parcs, j’ai poussé les principaux managers du groupe à développer une présence personnelle sur Twitter. Pour comprendre à quel point les nouveaux usages numériques ont un impact sur notre business model, une seule solution : se confronter à l’expression des clients en ligne, aller voir ce qu’ils disent de nous, comprendre ce qu’ils attendent d’un séjour réussi, engager le dialogue.

Certains avaient des doutes sur leur capacité à se plonger dans ce monde foisonnant, déstabilisant au premier abord. Beaucoup ont connu l’angoisse du premier tweet : de quoi puis-je parler ? Qui cela va-t-il intéresser ? Est-ce que cela, je peux le tweeter ? Au début, il faut oser, savoir se tromper, apprivoiser les usages. La pratique est essentielle. Là encore, elle doit être mue par la curiosité.

A son rythme, à sa manière, chacun s’est pris au jeu. Et constate aujourd’hui à quel point Twitter un formidable vecteur d’ouverture sur nos métiers et de décloisonnement interne. C’est un moyen d’instaurer du lien individuel avec ses collaborateurs et ses équipes, de recueillir en direct un feedback qu’on ne peut avoir autrement. C’est un accélérateur de circulation de l’information au sein de l’entreprise dont les effets à moyen terme ne peuvent qu’être profitables pour l’activité du groupe.

Pour parvenir à ce résultat, le dirigeant doit s’investir personnellement. D’abord, il doit montrer l’exemple par sa pratique : il n’y a pas de meilleure communication interne que la communication externe. Puis s’assurer que tous les moyens sont mis en œuvre pour accompagner les salariés dans la compréhension des enjeux et la prise en main des outils. Mais plus que tout, il doit insuffler l’envie. Encourager les initiatives, désinhiber les plus timides, répondre aux sollicitations. Sans quoi, la transformation digitale qu’il appelle de ses vœux restera lettre morte.

Réactions
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  1. Caillard Alexandre

    Question de curiosité et de ….viralité. Tout à fait d’accord Françoise et comme le bien (la première fois) est parfois l’ennemi du mieux, encourager les initiatives par son implication personnelle et quand on est au commande est fondateur.Je vous souhaite une excellente « fondation » digitale.

     
     
  2. Chère Françoise

    Merci encore pour votre disponibilité et votre intervention, humaine, directe et sans langue de bois.

    Vous avez parfaitement, soyons curieux. Mais comment rendre à une société française qui n’a « plus faim » cette curiosité qui caractérise les pays en forte croissance?

     
     
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  4. Bravo et merci pour ce superbe plaidoyer emprunt de pragmatisme et de sincérité. Je regrette de ne pas avoir pu suivre les débats de la conférence Médias Aces en direct!!!

     
     
  5. BABA SOW

    Chère madame, j’ai découvert votre blog il y’a quelques mois et j’y apprends beaucoup de choses. Merci de transmettre et de partager votre expérience aux autres !
    BRAVO

     
     
  6. LAFFON

    Madame,
    je lis depuis des mois si ce n’est des années votre blog et la plupart du temps je suis d’accord avec vous.
    Mais il semble que votre blog vous sert à vous congrartuler et à confirmer votre réussite sociale ce dont je vous élicie. Ce que je trouve anormal demeure dans le fait que je vous ai parlé plusieurs fois du proportionnalisme et que vous n’avez pas daigné accusé réception de cette idée. D’autres que vous peuvent avoir de bonnes idées qui pourraient germer et apporter leur florsison et leur récolte dans ce monde qu’il faudra bien renouveler vers des bases saines de vrai démocratie en commençant par le vote, les promesses non tenues ….
    Avec mon grand respect Madame et mon admiration pour votre parcours et vos idées.

     
     
  7. Très bon article. Merci.

    Petite remarque technique: le lien Twitter dans la colonne de droite de votre site semble brisé.

     
     
  1. Les boss qui tweetent vous remercient (et ceux qui ne tweetent pas aussi)… | Media Aces - Médias sociaux et entreprise

    […] Chez … Françoise Gri […]

  2. Les boss qui tweetent … et ceux qui ne tweetent pas ! - Le blog de la communication digitale

    […] Gri a également publié un billet sur son blog exprimant sa position sur le sujet des “boss qui tweetent”. Pour la citer […]

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